Les Chroniques du Ramadan Day 23.

Hello vous ❤️

Ça y est, c’est officiel, c’est la semaine finale du Ramadan … Où est passé ce mois ? Je n’en sais rien du tout ! Ce que je sais c’est que j’ai pu réfléchir à pas mal de choses pendant ces quelques semaines et je vous ferai des articles assez détaillés sur ses « enseignements » si on peut appeler ça comme tel..

Mais aujourd’hui, j’avais envie de vous partager un flashback qui me tient énormément à coeur. Je vous parlais il y a quelques semaines sur Snapchat (mariagedufutur) de mon année d’étude à l’étranger il y a maintenant 6 ans (waou… quand même !). Maintenant que l’année scolaire est terminée, il y en a peut être parmi vous qui s’apprêtent à partir pour un semestre d’études à l’étranger, ou d’autres, qui envisageraient de partir dans le futur. Et bien cet article est pour vous !

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Je n’ai jamais vraiment parlé de mon expérience parce que c’est quelque chose qui m’a marqué au fer rouge dans le bon comme dans le moins bon. C’est une expérience qu’on vit à fond et qui vous change. En parler c’est d’abord accepter que c’est fini (pas toujours évident) et c’est surtout accepter de se replonger dans une période souvent qualifiée comme « la meilleure de toute sa vie! ».

On va donc aborder plusieurs thèmes et s’il vous reste des questions à la fin, je vous invite vraiment à me les poser et j’y répondrai sur une des plateformes (peut être en vidéo ça peut être sympa!). Attention : sérieux flashbacks en image en perspective !

Pourquoi être partie ?

En 2010/2011 j’étais en 2e année à SciencesPo Paris et si certains d’entre vous connaissent cette école, vous savez qu’une des obligations de scolarité assez séduisante de cet établissement est la fameuse « 3A » à l’étranger. Eh oui, nous étions obligés de faire une année « hors les murs » soit dans une université partenaire, soit en stage en entreprise (ou les deux) ou alors, nous pouvions aussi monter un projet et le réaliser pendant cette période.

J’ai choisi l’option « fac » comme beaucoup de mes camarades de promo et j’en suis ravie ! Je n’avais aucune envie d’aller bosser à l’étranger à l’époque et la perspective de passer 9 mois d’études dans une université étrangère représentait pour moi l’expérience ultime que je pouvais vivre à l’époque. Donc rien de bien séduisant dans les raisons de mon départ mais il ne vous faut pas une raison existentielle pour partir, juste une envie et un peu de réalisation !

Where ? 

Là il y a une petite histoire à raconter. Vous connaissez mon amour inconditionnel pour les séries US. J’ai toujours été super cliente des séries super teenage à la One Tree Hill ou Gossip Girl. Vous vous doutez donc que mon premier choix à été de vivre THE expérience dans un campus américain par excellence. Et puis sans vraiment savoir pourquoi, cette envie s’est peu à peu évaporée pour laisser place au super mythe australien : les surfeurs, les vagues, le soleil, le calendrier scolaire inversé avec les 4 mois de vacances au milieu de l’année… bref le rêve. Mais derrière ce rêve : RIEN nada…  Si bien qu’au moment d’écrire ma lettre de motivation pour expliquer le choix de ma destination, je me suis retrouvée complètement bloquée par la page blanche. Rien ne me venait et ce que j’écrivais était nullissime.

Un soir, lors d’un dîner en famille et alors que j’essayais pour la énième fois de trouver des raisons pour partir mon père (ce héros) m’a dit l’air de rien « Et pourquoi tu n’irais pas en Chine ? » et moi de lui répondre « Say whaaaaaat ? »  – « Enfin pas la Chine, Chine mais pourquoi pas HongKong ? » et moi de surenchérir « Whaaaaaaat ? jamais entendu parler.. » 5 minutes après j’étais en train de dévorer littéralement les rapports de séjours écrits par les étudiants qui nous ont précédés. Après le 3e et quelques recherches sur google image, j’ai ré-ouvert une page word, ignoré la glace que me tendait mon frère et j’ai rédigé une lettre béton de deux pages en 20 Minutes chrono ! Deux mois après, j’apprenais que mon premier choix de fac était retenu et j’étais alors partie pour 9 mois d’aventure !

Hong Kong, l’endroit où les gens font la queue pour prendre le bus !

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Paperasse, logement et budget.

Probablement LA question la plus importante à se poser quand on part faire un échange universitaire ! L’avantage quand on fait un échange de 6 à 9 mois c’est que les facs (de départ et d’arrivée) accompagnent bien souvent les étudiants dans leurs démarches de visa ! Ça a été le cas pour la plupart d’entre nous et mon principal conseil la c’est de ne surtout pas hésiter à contacter les facs mais surtout les étudiants qui vous auraient précédés dans les pays/villes dans lesquels vous voulez aller ! Vous verrez un étudiant ayant fait un échange sera RAVI de partager avec vous ses bons plans et son expérience.

En ce qui me concerne les papiers ont été d’une rapidité extrême ! Et SciencesPo ayant un accord d’échange avec HKBU j’ai aussi pu bénéficier d’un logement sur le campus de la fac. Je partageais une petite chambre avec une autre de mes camarades de promo (que je ne connaissais pas à l’époque) et on partageait nos toilettes/salle de bain avec deux étudiantes Hong Kongaises ! Alors autant vous dire qu’on a eu aucune intimité pendant 9 mois certes mais HongKong étant l’une des 5 villes les plus chères au monde pour se loger, je peux vous dire que j’étais bien contente de ne payer qu’une centaine d’euros par mois, même une partie de chambre ! Et j’ai eu la chance d’avoir une coloc AU TOP en tout point de vue  (ce qui n’a pas été le cas pour tout le monde..) et je n’en retire qu’une belle expérience ! Ce que je veux vous dire par là c’est que, de toute façon, c’est une année de compromis mais vous apprendrez énormément sur vous et sur les gens avec qui vous cohabiterez !

Les petits mots d’amour qu’on se laissait avec ma coloc ! 

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Une seule armoire pour tous mes vêtements !

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Mon bureau / rangement…

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Promis, ça lui arrivait d’être rangée aussi cette chambre !

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La vue depuis ma chambre au 16e étage !

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Pour le budget je vais dire une banalité absolument nulle mais bien sûr, tout dépend de votre situation ! Personnellement j’étais étudiante boursière et je bossais en parallèle de mes études depuis l’année de mon bac. Absolument pas économe à l’époque (même plutôt dépensière) je n’avais pas tellement réfléchi à mettre un peu d’argent de côté avant de partir (ce que j’ai longtemps regretté après). Il faut savoir aussi que certaines facs (notamment américaines) demandent aux étudiants de prouver qu’ils possèdent une certaines somme d’argent (souvent des dizaines de milliers d’euros) sur leur compte pour palier à d’éventuelles difficultés sur places : accidents, opérations médicales … Ce n’était pas trop le cas pour Hong Kong mais on devait justifier d’avoir entre 1000 et 5000e sur notre compte si mes souvenirs sont bons et j’ai donc emprunté une petite somme qui m’avait permis notamment de m’installer et de payer en avance mon loyer pour le premier semestre, mes frais d’inscription sur place et surtout de m’acheter mes premières fournitures : couette, poêle, coussins toussa toussa quoi. Une fois tout ça payés, je recevais en moyenne 450e/mois de bourse et je m’étais débrouillée pour donner des cours de soutient à une jeune française deux fois par semaine. Cette année là j’ai enfin compris la vertu des économies ! Un peu tard certes, mais il n’est jamais trop tard non ?

Mon conseil ? EPARGNEZ ! C’est essentiel si vous voulez partir et que le budget de ceux qui vous aident n’est pas illimité. C’est surtout essentiel pour vous parce que c’est souvent une année de découvertes, de voyages et de débrouille et elle commence en fait bien avant le départ ! 

Les cours en…

Oui, vous vous souvenez quand même qu’à la base, on part pour étudier (lol). Tout dépend des destination et du niveau d’études auquel on part mais on finit souvent par faire TOUT sauf vraiment étudier. De mon côté, SciencesPo nous laissait totalement libre dans le choix des enseignements suivis. La seule chose qui m’était imposée était de valider un certain nombre de crédit et donc de suivre au minimum 4 enseignements par semestre. C’est donc comme ça qu’au cours de l’année j’ai fait des études de cinéma hollywoodien, de communication digitale, de psychologie en entreprise, d’art oratoire, de communication interculturelle bref je me suis éclatée !! Mais comment parler des cours sans parler de ….

….anglais !

Mais surtout, j’ai étudié exclusivement en anglais. A l’époque j’étais loin d’être prof (normal j’étudiais encore) et j’avais même arrêté de suivre des cours de langues depuis mon entrée dans le supérieur. Mes derniers cours remontaient donc à la terminale et ma seule exposition à la langue venait de la tonne de série que je regardais déjà à ce moment là. Autant vous dire qu’à mon atterrissage à Hong Kong je me suis dit que je n’allais JAMAIS m’en sortir. Et puis en fait, on a pas le choix. Il faut TOUT faire en anglais, de : communiquer avec ses colocs à l’étage, les professeurs mais aussi acheter ses courses et se déplacer bref tout ne se fait plus en français. Et quand on a pas le choix… On s’adapte et on apprend plutôt rapidement! Mon conseil ? Parler sans honte et sans crainte. Bien sûr qu’on ne sera pas forcément au niveau des étudiants anglais ou américains qui vivent la même expérience mais on s’en fou, ce n’est pas le but. Le but c’est d’arriver à se créer des relations, des souvenirs et à se dépasser hors de sa zone de confort !

Et comment on se fait de nouveaux amis ? 

Haha, ne riez pas trop à ma question stupide, c’est VRAIMENT une question que je me suis posée quand je suis arrivée. Comprenez moi, toute ma vie jusqu’alors, je n’avais jamais déménagé, j’avais toujours eu le même cercle d’amis. J’avais certes fait de belles rencontres dans mes expériences d’animation mais je revenais toujours à ma petite zone de confort ! Et puis, quelques mois avant mon départ tout à explosé autour de moi : amitiés volées en éclat, brouillée avec des gens de qui je me pensais inséparable, confiance en moi au point -1000 et en meuf qui réfléchit beaucoup trop, j’en suis venue à me demander « mais en fait, comment on se fait des amis ?! ».

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Ce qui s’est passé c’est que : tout les étudiants étrangers sont dans la même merde ! Personne ne connait personne (sauf le groupe d’étudiants suédois tous trop beaux et trop belles qui venaient de la même fac et du coup m’impressionnaient grave) et tout le monde cherche à partager de beaux moments ! Et puis pour la première fois de ma vie, personne ne savait qui j’étais ni n’avait entendu parler de moi. J’étais Jihed tout simplement et j’avais pour la première fois la possibilité d’être moi sans « mais t’as changé, ah bon t’aimes ça toi maintenant ?, oh tu traines plus avec untel, tu devrais pas mettre ça …. » bref tous ces trucs qui nous suivent au collège/lycée/fac et qui finissent par nous définir quand on est TOUJOURS entourés des mêmes personnes et qui sont, qui plus est, un peu fermées d’esprit (sorry not sorry).

Bare with me j’avais 20 ans !

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En un rien de temps et en m’acceptant enfin pour qui j’étais, j’ai rencontré des personnes extraordinaires et elles venaient du monde entier. La plus chère à mon coeur est française (Mélissa si tu me lis je t’aime à la folie) mais j’ai aujourd’hui des amis partout en Europe, aux US, aux Philippines, en Amérique latine … et le tout s’est fait d’un naturel impressionnant ! Ils sont alors vos amis et deviennent votre famille.

Le genre de mots d’amour qu’on s’envoyait avec Marjorie !

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Comment vivre sur place ? 

Premièrement, en tant qu’étudiants français on a une chance énorme parce qu’on peut bénéficier d’un certain nombre de bourses et d’aides qui ne sont pas forcément liés à votre situation sociale. Et puis, c’est le moment d’aller toquer aux portes ! Peut être que si vous proposez un projet intéressant à des philanthropes ou des gens qui ont une certaines enveloppe en leur possession vous pouvez aussi bénéficier de dons. Soyons fous on ne sait jamais après tout ! Si vous décidez de partir en Europe c’est encore mieux mais mais mon conseil est là encore de se RENSEIGNER. Ne rêvez pas trop, personne ne viendra toquer à votre porte pour vous faire un exposé sur tout ce que vous pouvez avoir lors de votre voyage.
Ensuite, tout dépend de la destination choisie. Dans mon cas, j’étais un peu cramée. Comme je vous l’ai dit : Hong Kong est l’une des villes les plus chères au monde en terme de logement. Et je viens à l’instant de lire que c’est la ville la plus chère au monde pour les expatriés en terme de logement, transport, articles ménagers … Mais bon je n’étais pas la cible à l’époque d’un tel classement et quand vous partez dans une telle ville pour travailler, votre salaire suit généralement !

Bref, avec ma petite bourse et mes petits boulots, je vivais très très bien à Hong Kong. Si les transports sont très chers (ils sont calculés en fonction de la distance parcourue), je n’en avais pas l’utilité au quotidien puisque je vivais sur le campus. Les taxis ne sont également pas très chers (à condition que vous ne fassiez pas la moitié de la ville). Il est en revanche une réalité assez drôle : à HK, il est moins cher de manger à l’extérieur que faire des courses pour cuisiner soit même ! Là encore, à condition de manger local et de ne pas aller à la crèperie française ou une crêpe vous coutera la même chose voire plus que dans la rue Saint André des Arts. Je me souviens qu’on se faisait parfois des repas cuisinés (des pâtes et du thon) et que c’était THE PLAT DE LA MORT et que pour que ce soit rentable, il fallait qu’on soit au moins 5 à se partager les courses ! Non, je n’exagère pas.

Les Philippines étaient déjà magnifiques en 2011

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Il faut savoir que n’importe où où vous irez, vous vous en sortirez quel que soit votre budget dès lors que vous accepter de ne pas vivre « à la française ». Et ça veut dire d’abandonner certaines choses qui sont hors de prix ailleurs qu’en France : la baguette, le fromage entre autres ! Pour vous donner une idée encore plus précise, une fois par mois on se faisait un resto « chic » et qu’on considérait qu’il l’était dès lors qu’on devait débourser plus de 7€ pour manger un repas ! Oui oui, vous avez bien lu !
Pour vous donner encore une idée plus précise, j’ai pris pendant l’année scolaire passée là bas à peu près 10 kilos donc j’étais loin, très loin, de mourir de faim !

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En ce qui concerne les loisirs, je ne me suis jamais privée non plus. En 9 mois j’ai voyagé à : Singapour trois fois, en Thaïlande, aux Philippines, en Malaisie, au Vietnam, en Chine continentale et je ne suis pas rentrée en France directement mais je suis « passée » par les US : Chicago et NYC (mon rêve depuis toujours) pour revenir ensuite à Paris. Sofiane et Marjorie (que vous voyez souvent sur Snapchat) sont venus me rendre visite (il y a donc des amis autour de vous qui, littéralement, feraient la moitié du monde pour vous voir et ça c’est incroyable !) et ma maman est venue me voir aussi une dizaine de jours !

 

Le mot de la fin ! 

Pour finir cet article extrêmement long mais Oh combien satisfaisant à écrire (et j’espère pour vous à lire), partir à été la chose la plus difficile que j’ai pu faire dans ma vie jusqu’ici. Le jour de mon départ est encore douloureux dans ma mémoire et le premier mois loin de tout repère a été l’expérience la plus fatigante émotionnellement que j’ai vécu. Mais 9 mois après je n’avais pas seulement vécu l’aventure d’une vie, j’avais surtout, et après 20 ans, découvert enfin qui j’étais. Loin de tout cadre familial, des amis pas toujours sincères et de tout ce que j’avais connu et de tout ce qui m’avait construit jusqu’alors, je suis comme née une deuxième fois. J’étais devenue ma propre personne avec mes centres d’intérêt, mes ambitions, mes envies et mes affinités.
Et c’est ce que je vous souhaite à toutes et à tous ! Est ce qu’il me reste des choses à apprendre ? Oui, énormément. Est ce qu’on peut vivre tout ça sans aller au bout du monde ? Evidemment ! Est ce que si je devais le refaire, je ferai des choses différemment ? Absolument pas. Rétrospectivement, j’ai TOUT aimé, mes larmes, mes joies, les gens, les soirées solo, celles entre amis, les voyages, les moments d’ennui, la solitude, tout du début à la fin. Finalement, la personne avec qui j’étais le plus souvent pendant ces quelques mois, c’était moi même, et ça m’allait très bien ! Je vous laisse donc avec ces quelques mots : vous êtes toujours seuls, à tout instant. Ainsi, ne laissez plus les gens qui vous entourent d’abord mais à fortiori ceux que vous ne connaissez qu’à travers vos écrans vous dicter ce que vous devez faire de votre vie, de votre temps et de votre argent. Vous n’avez de devoirs qu’envers vous même  !

 

J’espère que ce récit vous a plu ! Dites moi si vous êtes déjà partis en échange c’était où et si vous voulez partir, quelle destination vous choisiriez ? 

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