Les Chroniques du Ramadan jour 4

AFFRANCHISSEZ-VOUS

Hello tout le monde !

Oui je vous ai fait faux-bond hier. Pas que je vous ai oublié ou que je me suis laissée dépasser par les évènements mais, après avoir écrit un article aussi personnel que celui sur le mariage, je ne me voyais rien écrire d’autre le lendemain.

Vous le savez si vous me lisez depuis un moment, écrire est probablement la chose la plus intime que je puisse faire et à chaque mot, à chaque phrase, à chaque article, je vous livre une partie de moi. Alors parfois j’ai besoin de prendre un peu de distance.

J’en profite pour vous remercier pour vos retours, vous êtes les meilleurs, toujours ouverts et bienveillants. Merci pour tout.

De quoi parle t-on aujourd’hui? D’un sujet qui, encore une fois, me tient beaucoup à coeur : l’affranchissement personnel et l’affirmation de soi. Décidément, ces chroniques sont plus sérieuses de jour en jour!

J’abordais le sujet il y a quelques temps avec vous sur Snapchat. Comment faire pour s’affirmer, pour prendre confiance en soi et s’engager dans un chemin qui peut parfois jurer avec les aspirations de nos proches ? 

Les réponses que je vous apporte ici ne valent pas de vérité générales. Elles sont néanmoins le fruit de mon propre apprentissage face à mes propres challenges. Je vous apparais peut être comme une adulte bien rangée aujourd’hui. J’ai été une ado difficile pourtant ! Et si je peux vous éviter des années de conflit interne, je veux pouvoir le faire !

Faire la paix avec son histoire

Je ne vais pas vous faire le coup à chaque fois mais c’est toujours un peu vrai : vous n’êtes pas les autres. Quand on dit ça on n’a rien dit mais une fois que ça rentre, on s’enlève un sacré poids des épaules. Vous n’êtes pas les autres veut aussi dire que vous n’êtes pas élevés pareil que les autres, vous sentez peut être q’untel est plus libre, moins contraint, que les parents de l’autre sont plus simples, plus ouverts, plus compréhensifs, vous souffrez peut être d’une culture trop restrictives et j’en passe. Vous n’êtes pas les autres. Vous n’êtes ni mieux, ni moins biens, juste différents.

Quand on ne se sent pas en phase avec ce qu’on nous impose, on a toujours tendance à ne voir que le mal chez soi et croire que tout est rose chez les autres. Plutôt que de chercher des défauts dans la vie des gens, apprenez à faire la paix avec votre propre histoire, votre propre culture, essayez toujours de trouver des excuses à des comportements peut-être trop restrictifs à votre égard. Bien souvent (si ce n’est tout le temps), nos contraintes parentales ou familiales sont motivées par la crainte des autres, par amour et par peur de l’inconnu. Bien souvent aussi, c’est une incompréhension des moeurs ou un rejet des mauvaises choses qui circulent avec une banalité sans nom dans notre quotidien.

Ce n’est qu’avec un sacré dialogue et une dose inouï de patience que vous arriverez à obtenir des concessions, des libertés et le respect de vos proches. Apprenez en plus sur le quotidien de vos parents et ce qu’ils vivaient à votre âge, vous comprendrez peut-être mieux leurs craintes et serez plus à même de les rassurer avec de vrais arguments qu’avec le sempiternel « mais vous ne comprenez pas, aujourd’hui c’est une autre époque et ce n’est pas grave de sortir le soir ». Non, ne cherchez pas, argumenté comme ça, ils ne bougeront pas d’un iota!

N’ayez pas peur de vous affirmer

Choisir, c’est renoncer et la double vie n’en est pas une. Qu’est ce que je veux dire par là ? C’est simple. Bien souvent, vous savez qu’affirmer à 100% qui vous êtes fera des étincelles dans votre entourage alors, pour ne pas entacher une relation idyllique parent/enfant vous jouez les enfants modèles avec eux et préférez être qui vous êtes dans l’ombre. Mais jusque quand ?

Grandir, c’est faire des choix… et les assumer. C’est accepter d’être qui on est vraiment, de reproduire les belles valeurs inculquées par nos parents et de faire son propre bonhomme de chemin avec ses erreurs, ses doutes et ses challenges. Le faire peut conduire à certaines incompréhensions de la part de vos proches, peut être même quelques disputes, quelques repas plus froids et quelques temps nécessaire à ce que le monde autour de vous se rende compte qu’au fond, vous êtes toujours le petit enfant qu’ils ont élevé avec de belles valeurs mais que vous évoluez pour devenir votre propre personne.

Alors oui, parfois on passe par des phases difficiles pour se faire accepter, parfois on aimerait que tout aille plus vite et que notre entourage accepte en un clin d’oeil nos différences. Faire preuve de patience et de force de caractère est alors votre premier test. Croyez-moi et tous ceux qui sont passés par là : la relation saine qui en résultera n’en sera que plus belle et jamais vous ne vous sentirez aussi proche de votre famille. Et croyez moi aussi, même si vous n’en voyez pas le bout, les choses s’arrangeront un jour. Vous avez mis 9 mois à naître, un an à marcher, trois ans à parler et 15 ans à vous construire. Vous pouvez accorder un peu de ce temps à vos proches pour comprendre la personne que vous devenez, laissez leur le temps de vous accepter et de vous aimez tel que vous êtes vraiment et pas l’image tronquée qu’ils ont de vous.

Que faire en attendant ? Traitez les toujours avec amour et respect, ne renvoyez jamais à ceux qui peuvent momentanément vous rejeter un sentiment similaire. Rappelez-vous, vous êtes en paix avec vous même, vous savez pourquoi vous êtes la personne que vous êtes et quelles valeurs vous véhiculez. Il ne doit pas y avoir de place pour la colère ou l’impatience dans tout ça.

Oui, ça fait très bisounours de dire tout ça mais ce sont les enseignements que j’ai tiré en fonçant bien souvent droit dans le mur pendant 10 années de construction personnelle semées d’embuches !

Récoltez ce que vous avez semé

Bien vite (souvent plus vite qu’on ne le pense d’ailleurs) vous commencerez à récolter ce que vous aurez semé : amour, bienveillance, indépendance, ambition, travail acharné. Quand ça arrivera, prenez le temps d’apprécier votre parcours, vos épreuves et de kiffer votre nouvelle vie.

Je finirai en vous rappelant ceci : l’émancipation personnelle ne vient de personne d’autre que vous. Elle ne vient pas de vos parents ni de votre moitié aussi belle soit-elle. Elle ne vient pas de vos amis d’enfance ni de vos camarades de fac. Elle vient de vous et ne commence qu’à partir du moment où vous décidez d’être vous même, à 100% sans mentir à personne et surtout pas à votre reflet dans le miroir.

Vous attendez quoi alors ?!

Tendrement,

J.

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