Chronique de grossesse mais pas que… #1

We’ve been hiding something …

 

Ohhhh les cachotiiiiiiers! Moi qui vous disais lors d’un ask récent au sujet d’une grossesse « mmmh quand Dieu voudra » alors que notre bébé faisait déjà la rumba dans mon ventre …

 

Déjà, je veux prendre le temps de vous remercier, vraiment et du fond du cœur. On peut dire ce qu’on veut de négatif sur les réseaux sociaux, votre réaction et vos messages suite à l’annonce de ma grossesse m’ont rempli de joie, m’ont émue, ça m’émerveille encore de voir que des personnes que je n’ai jamais vu en vrai prennent du temps sur leur vie pour envoyer de gentils mots comme les vôtres. On est comblés et vous êtes des amours puissance l’infini.

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Du coup, allez, je me lance dans la rédaction de petites chroniques comme celles du ramadan et de l’été pour vous partager le quotidien qui change, les péripéties, les questionnements aussi … Et si je ne sais pas encore tout à fait ce que ces chroniques contiendront, je sais qu’elles n’auront aucune info médicale, je ne suis pas médecin et ne me permettrai jamais de vous dire quoi que ce soit par rapport à un sujet aussi sérieux. Dans la même optique, je n’ai pas besoin de conseils médicaux. Il ne faut pas le prendre mal et je reviendrai sur le sujet un peu plus bas mais, comme toute femme enceinte, je suis bien suivie par une équipe médicale au top et si j’ai une question, c’est aux professionnels que je vais la poser. Dans le même temps, je fais des choix de consommation, vie, lifestyle et tout ce qui s’en suit qui ne me concernent que moi et si vous avez choisi de faire différemment ou vous avez quelqu’un dans votre entourage qui fait les choses différemment, je n’ai pas plus raison que vous et la réciproque est vraie !

 

Tout ceci étant dit … Commençons !

 

Un beau matin, j’ai fait un test …

 

Je pense que je n’ai jamais été aussi ambivalente et mon opinion aussi changeante que depuis que j’ai appris ma grossesse. Avec cette nouvelle, est venue, et c’est assez nouveau pour moi je dois dire, une nécessité de pudeur et de silence que je ne me connaissais pas jusqu’alors.

 

Ce sentiment n’était pas motivé par une peur du Zion ni du jugement ou le qu’en dira-t-on mais pendant les premières semaines voire les premiers mois, j’ai ressenti le besoin presque vital de ne vivre ma grossesse qu’avec Ghiles. D’ailleurs, pendant très longtemps, personne personne personne dans nos familles respectives n’était au courant.

J’avais besoin qu’on digère juste tous les deux certaines déceptions et qu’on apprenne à deux et seulement à deux à comprendre ce qu’être enceinte voulait dire. Je ne savais pas comment j’allais pouvoir gérer les infos, les conseils non demandés, les questions et tout ce qui va avec l’annonce d’une grossesse donc j’ai tout simplement décidé de me taire !

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Les enfants, on y pense, on en rêve ou pas, on le conçoit mentalement et physiquement, il arrive qu’on le perde mais on ne mesure pas vraiment ce que ça veut dire tant qu’il n’existe pas. En ce qui me concerne, ça va même plus loin : je ne me suis jamais vraiment vu maman avant. J’ai grandi avec l’idée d’étudier jusqu’à plus soif, d’accomplir, de voyager, de découvrir mais jamais vraiment de devenir maman et on est bien d’accord, tout ce qui est listé plus haut n’est en rien incompatible avec la maternité. C’est juste que je n’y avais jamais vraiment pensé. Par modernisme mal placé ? Egoisme et égocentrisme ? Je n’en sais trop rien mais je ne vais certainement pas m’aventurer à essayer de définir ce sentiment c’est sûr il était juste là.

Nous n’avons pas planifié quoi que ce soit. Ça, c’est quelque chose que je vous ai dit et une pensée que je continue de vouloir partager. J’ai vite appris que « dans la course à la grossesse » si on puis dire, tout n’était pas toujours rose. C’est un sujet que je n’ose pas aborder de façon générale, j’aime en parler avec les personnes qui en ont déjà, savoir comment elles le vivent, par quoi elles sont passées mais j’ai toujours détesté qu’on m’en parle et je n’en parle pas aux personnes qui n’en ont pas. Dans la vie il n’y a pas de moment idéal, je l’ai appris à mes dépends. Et je connais des histoires de grossesse si différentes, parfois déchirantes, parfois extraordinaires que j’ai surtout appris à la fermer. On ne parle pas de l’utérus de quelqu’un d’autre et on ne cherche pas à savoir quand ou pourquoi et comment un couple fait l’amour dans le but ou pas de devenir parents un jour. Dans mon esprit, ça ne se fait pas, point. D’une part c’est privé, (les enfants ne tombent pas du ciel les gars, c’est le résultat d’un acte sexuel et on ne parle pas de sa vie sexuelle avec toute le monde si?) d’autre part vous ne soupçonnez même pas ce que des couples endurent parfois dans le silence le plus complet surplombé d’un sourire Colgate. Et puis tant qu’on y est, arrêtons avec les stéréotypes qu’on sert à toutes les sauces surtout dans les communautés maghrébines (mais ce ne sont pas les seules).

Alors on arrête avec le….

« il va falloir penser à se marier » puis sitôt la nuit de noce consommée « et les enfants alors ? arrêtez d’être égoïstes il faut en faire » ou bien son contraire « non mais t’imagines l’horreur tomber enceinte direct après son mariage mais tu profites quand ? tu vis quand ? et ta carrière? » et puis quand tu tombes enceinte « mais tu comptes travailler ? Comment vous allez faire ? il faut vous poser, trouver un mode de vie stable » STOP STOP STOP STOP STOP STOP. Toutes ces phrases et plus encore je les ai entendues et on me les a dites directement. STOP. On arrête immédiatement de se faire ça les uns les autres. Vivez votre putain de vie comme vous l’entendez-vous d’abord puis si vous trouvez quelqu’un avec qui VOUS avez envie de faire un bout de chemin parce qu’il/elle VOUS correspond, faites et mettez-vous d’accord TOUS LES DEUX sur comment vous voyez votre avenir et cessons tous ensemble de jouer au destin parce qu’au final, on ne contrôle pas grand-chose.

 

Cette première chronique ne ressemble structurellement à rien mais elle reflète bien l’état d’esprit cahotique dans lequel j’ai été pendant les premiers mois.

 

La grossesse épisode 1  : On touche le fond.

 

I’m a brainiac, autrement dit, j’ai besoin de comprendre et de rationaliser les choses qui m’arrivent et pendant une bonne douzaine de semaines (joie des trois premiers mois de grossesse) je n’ai RIEN compris, mais rien de rien, raison de plus à mon silence. J’aurai été incapable de mettre des mots sur ce que je ressentais.

Mes brûlures aux mains avaient à peine fini de guérir, je retrouvais une autonomie de mouvement pour … perdre toute volonté et toute force physique les semaines suivantes ! J’étais soudain une belle loque un peu dépressive (voire complètement dépressive et je n’utilise pas le mot à la légère) qui, dès qu’elle essayait de réviser ses partiels, s’endormait sur ses codes civils, entre autre.

J’ai fini par échouer à mes rattrapages, à me retrouver soudain sans but, sans objectif, à perdre toute valeur à mes propres yeux. J’ai traversé une vraie grosse période de mou. Vous voyez, pas le meilleur état d’esprit pour accueillir un petit être dans sa vie et pourtant je n’arrivais pas à ressentir quoi que ce soit d’autre malgré notre joie immense d’apprendre la nouvelle.

Vous le savez mieux que personne avec toutes les insta grossesses mais chacune vit les premières semaines différemment. Perso j’étais donc très déprimée, définitivement sous-alimentée (absolument rien ne me faisait envie. Alors pour la foodie que je suis c’était un vrai cauchemard et j’ai d’ailleurs perdu beaucoup de poids !) nauséeuse en veux-tu en voilà. Et par-dessus tout, comme rien ne se voyait encore, j’avais du mal à admettre intellectuellement et psychologiquement qu’un truc invisible et minuscule encore puisse me faire devenir une autre personne! I told you… I’m a brainiac …

 

Episode 2 : puis on sort du silence

 

Et on commence surtout à partager la nouvelle qu’on a encore un peu du mal à réaliser nous-même il faut dire ! Mais le dire rend les choses infiniment plus réelles. Nos amis, nos familles entrent dans la confidence et de mon côté je commence à recevoir les précieux conseils de mes aînés. Je vous disais plus haut que j’avais peur d’être submergée par un tas d’informations que je ne voulais pas. Mais la vérité c’est que je me trompais. Enfin, à moitié. Les premières semaines de silence ont renforcé nos liens avec Ghiles, on le vivait tellement à deux qu’aujourd’hui un lien supplémentaire nous lie et ça je ne l’échangerais pour rien au monde mais mon entourage a été incroyable et je traversais une période si difficile au départ que mettre ma maman dans la confidence m’aurait sans aucun doute soulagé ! Mais avec des si…
Si vous passez par une période similaire (peu importe la raison ça peut être complètement autre chose qu’une grossesse) et si je me permettre un conseil : écoutez-vous et faites-vous confiance. Il y a une chose que la grossesse m’a donné la force de faire et que je ne faisais pas avant c’est d’exprimer ouvertement ce que je pense, mes désirs et mes envies. Du coup, j’ai beaucoup dit MERDE et NON. Et ce n’est pas dans mes habitudes. Alors penser à soi d’abord ne plaira pas à tout le monde dans votre entourage mais c’est le truc le moins grave qu’il soit, même si les conséquences directes et visibles de s’affirmer sont désagréables. Je le répète, écoutez-vous et exprimez-vous. Au final, il y a que ça qui compte et si vous ne prenez pas le temps de répondre à vos besoins, qui d’autre va le faire ? Si vous n’accordez pas d’importance et de respect à votre personne, qui d’autre va le faire ?

 

QUELQUES ANECDOTES QUAND MÊME 

 

Finissons cet article sur une note plus légère ! Et si je vous partageais quelques petites anecdotes ?

 

L’une d’entre vous m’a demandé comment je l’avais annoncé à Ghiles. Avant de le savoir « pour de vrai » je n’arrêtais pas de plaisanter sur le fait que j’étais suuuuuuuuure d’être enceinte mais quand j’ai eu la confirmation j’ai utilisé un carnet vierge intitulé « le livre à venir » qui ressemble à un livre de poche dans lequel je lui ai annoncé qu’il allait devenir papa et qu’on allait commencer un nouveau livre ensemble. L’écriture, a toujours été un exutoire pour moi positif et négatif, il me semblait naturel de lui annoncer par écrit ! (PS : oui, Ghiles est un fragile, il a pleuré).

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Mon vrai ventre de grossesse n’est « sorti » que « tard » un peu après notre weekend en Picardie (je continue de penser que c’est le grand air qui l’a fait gonfler !) mais les premières semaines, problèmes gastriques obligent, je gonflais du ventre pour retrouver un ventre hyper plat 48h après (je vous montrerai des avant/après assez saisissants !). Toute cette confusion a fait réaliser Ghiles assez tard que le bébé était vraiment là pour de vrai (quand le matin je ne « perdais » plus mon ventre !!). J’ai eu l’impression qu’on lui annonçait une seconde fois que j’étais enceinte !

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le tout « petit » bidou
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qui a ensuite évolué …. 

 

Vous entendez probablement toutes sorties d’histoires sur les envies culinaires des femmes enceintes. Pendant les premiers mois, mon régime alimentaire, d’habitude assez normal et tendant vers une alimentation plutôt saine et équilibrée a complètement basculé ! Je suis redevenue l’ado que j’étais il y a 12 ans qui ne se nourrissait que de fast food. A moi les grecs, mcdo et autres sucres que je ne consommais plus TOUTE LA SEMAINE. Impossible d’avaler autre chose. Ghiles m’en veut encore des kilos qu’il a pris pendant cette période !!!

 

Dans le même genre, il m’est aujourd’hui impossible et encore maintenant de manger du poulet (sauf frit), du saumon et dans une moindre mesure, des pâtes. Ne me demandez pas pourquoi, je n’y arrive juste plus !

 

J’en ai encore pleins mais je m’en garde un peu pour continuer de vous en partager tout au long de ces chroniques !

 

J’espère que cette première vous aura plus, n’hésitez pas à me poser des questions ou à me dire ce que vous voudriez qu’on aborde ici !

 

Merci de votre lecture et de votre passage sur le blog

 

Love

 

J.

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