CHRONIQUES DE GROSSESSE #3

 

Nouvelle semaine, nouvelle chronique !

 

Et quelle semaine !! Est-ce-que tout le monde prend bien sa dose de vitamine D ? Si ce n’est pas le cas, sortez maintenant tout de suite et allez vous asseoir un petit quart d’heure au soleil histoire de remonter vos sérologies, d’une part, et votre moral d’autre part !

 

Cette semaine, j’avais envie de vous parler du rapport au temps et de la grossesse. Je ne sais pas vous mais dans la vie de tous les jours, peu importe vraiment ce qu’on ne fait pas aujourd’hui, on peut décaler nos courses/obligations/deadlines assez facilement (pas tout le temps c’est vrai mais une lessive pas faite la veille ne vous tuera pas le lendemain matin à condition d’avoir assez de slips !). Peu importe si on ne voit pas ses potes une semaine, on aura juste plus de choses à leurs raconter la semaine suivante. Bref, vous avez compris le tableau, même si le temps passe, notre rapport est moins obsessionnel et surtout, les changements et résultats sont moins soudain.

 

La grossesse a, pour moi, changé complètement mon rapport au temps et j’avoue devoir faire attention à ne pas tomber dans le travers contraire du laxisme temporel et ne pas me stresser à outrance à la vue des aiguilles qui tournent inlassablement.

 

Dans le bidou, chaque jour compte et a son importance. Un jour, bébé n’avait pas de poumons fonctionnels, 24h plus tard, ses poumons commencent à fonctionner, un jour son cœur ne battait pas, et le lendemain, des battements rapides sont apparus. A 24 semaines et 6 jours, si vous accouchez, on ne réanime pas votre bébé, le lendemain, on le réanime. Quand on prend 2 minutes pour considérer tout ça, on en a presque la tête qui tourne tellement, dans ce cas précis, le temps et la vie sont intrinsèquement liés.

 

Ces changements de l’intérieur ont forcément des conséquences à l’extérieur. Un jour, on met ses pantalons normalement et, un jour on prend conscience qu’on a besoin d’écarter la jambe en mode grenouille pour ne pas s’auto gêner avec son ventre. Rien que ce matin, quand j’ai réalisé que je devais m’asseoir pour mettre mes collants sans perdre l’équilibre, je me suis demandé quand ça avait vraiment commencé ! Probablement du jour au lendemain, sans que j’y ai vraiment réfléchi. Je me suis adaptée sans y avoir pensé comme on le fait tous quotidiennement pour un milliard et demi de choses ! L’adaptation je l’ai vécu quand j’ai dû ranger mon jean slim noir préféré (et unique d’ailleurs) après avoir passé la journée avec le bouton ouvert ! Après la 10ecrampe aux jambes et une petite peur au volant (tous les gens qui ont eu une crampe au volant savent exactement de quoi je parle !), boire beaucoup plus d’eau est devenu une nécessité ! Quand mon bébé a tellement tapé dans mon ventre après m’être couchée sur le dos, j’ai réalisé que les nuits en mode étoile de mer de face ou de dos ne seraient de retour qu’à l’été ! Et après des semaines à un rythme effréné à bosser 7j/7 et m’être écroulée en pleurs incontrôlés dans mon salon (oui il m’arrive aussi de faire des petits breakdown).

 

Je comprends un peu mieux je dois dire quand on me disait « ça passe vite, essaie de profiter ». Pour être honnête, je ne savais pas ce que « profiter d’être enceinte » voulait vraiment dire. Est-ce-que je devais profiter du ventre qui s’arrondit ? De la fatigue ? De la nausée ? Parce que c’est quand même ça le début (et le reste pour pas mal d’entre nous ne l’oublions pas !). Est-ce-que ça voulait dire profiter pour sortir ? Voyager ? Être seule avec son chéri ? Voir ses amis ? Vraiment je n’arrivais pas et j’étais tellement préoccupée par des tracasseries administratives de travail que j’ai relégué tout ça derrière moi (ou devant moi mais sans le voir).

 

Depuis quelques temps, je comprends un peu mieux, ou pas, je pense juste que je sais de quoi je veux « profiter » et c’est lié à cette notion de temps qui passe. Je refuse de laisser passer une occasion de faire quelque chose que j’avais en tête et ça va de la lessive (la fameuse haha), à l’article que je veux écrire, à la broutille que je dois acheter ou au moindre euro que je veux économiser pour réaliser un projet dans 6 mois. TOUT COMMENCE AUJOURD’HUI, si j’ai un truc en tête, je le fais, point, je ne me pose plus un milliard de questions ni me trouve un autre milliard d’excuses (oui oui il y a autant de façons et plus encore de ne PAS faire quelque chose). Mais qu’est-ce que ça change au juste ?

  • Ça me donne un certain sentiment de « contrôle ». Aujourd’hui plus qu’avant, j’ai besoin de maîtriser un minimum ce que je peux, donc au lieu de lézarder sur mon canapé en binge watchant une série que j’ai déjà vu en intégralité, j’essaie de faire maintenant ce que je repoussais à hier.
  • Ça me donne aussi un vrai sentiment de satisfaction, voir les choses avancer, même les plus petites et les plus insignifiantes, ça fait un bien fou ! Dans notre cas c’est : finir définitivement l’installation et la déco de l’appart, aménager la chambre de bébé, avoir un planning de repas (oui oui des choses aussi bêtes), prendre du temps pour voir les copains et surtout s’accorder des vraies pauses, seule ou en amoureux !

Du coup, mon seul conseil, si vous me le permettez, c’est de ne pas attendre d’avoir ce coup de pied au cul (ou au bidou) pour vous lancer dans la maîtrise de votre vie. C’est #vousdabord, le reste ensuite. A partir d’aujourd’hui, on va essayer de se coucher tous les soirs en étant un chouya satisfaits ce qu’on a accompli dans la journée.

 

Pour finir cet article, j’ai sélectionné quelques questions du « ask » insta pour vous répondre !

 

Q : « les moments où, être enceinte, c’est stylé (comme avec les policiers et mon feux rouge grillé sous leurs yeux !)

R : alors sincèrement, je continue d’adopter la « grossesse invisible » en public. Il y a toujours trop de problèmes aux caisses prioritaires (qui a sa carte, qui gonfle le ventre pour passer, qui est plus prioritaire que qui) du coup je prends mon mal en patience et je fais la queue ailleurs. D’ailleurs, je n’ai encore jamais croisé personne qui m’a cédé sa place dans une file d’attente. People just don’t care apparemment et tant que j’arrive à bien le supporter ça me va.

Q : « est ce que bébé s’ambiance avec maman sur la musique ? »

R : OUI il a apparemment une oreille un peu orientale voire latino parce dès qu’un son un peu oriental ou latino passe c’est la fiesta dans le bidou et c’est juste très très drôle et assez impressionnant !

Q : « les mouvements que je ne peux plus faire »

R : Me baisser (comme pour débarrasser une table par exemple) n’est pas impossible mais douloureux. En plus de mes hernies discales je n’ai pas le dos musclé pour un sou du coup avec le poids en avant c’est pas tous les jours facile ! Sinon j’ai aussi remarqué qu’après un peu trop de temps derrière le volant bébé s’impatientait alors est-ce que c’est pour manifester son amour de la route ou son inconfort suite à ma position assise … va savoir !

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