CHRONIQUE DE GROSSESSE #5

Bienvenue pour une nouvelle chronique de grossesse.

 

Celle-ci, je sais que vous l’attendiez haha ! Désolé d’avoir fait des mystères pour pas grand-chose mais j’aime assez l’idée de révéler des petits détails un à un. D’ailleurs, dans la forme, cette chronique sera différente car si c’est bien vous qui la lisez derrière vos écrans, elle s’adresse avant tout à bébéchou, notre fils.

 

 

Lettre à mon fils.

 

Nous sommes le 11 mars 2019 et chaque jour qui passe nous rapproche un peu plus de notre rencontre qui me paraît pourtant irréelle, improbable. Comment arriverons-nous à rencontrer, aimer, faire place à un être qui, il y a quelques mois encore n’existait pas ? Y arriverons-nous, ? Serons-nous à la hauteur ?

 

Quand, dans quelques années, tu liras ces mots, tout aura fondamentalement changé. Laisse-moi donc être le témoin d’une époque que tu as connu mais dont tu ne te souviendras jamais.
Nous étions début 2019 quand le médecin nous a confirmé que nous attendions un garçon. Nous nous fichions pas mal de ce que tu serais pour être honnête et les semaines qui ont suivi n’ont rien rendu de plus concret à vrai dire ! C’est ton père le premier à avoir parlé de toi comme son « fils » et jusqu’aujourd’hui, quand il rentre le soir, m’attire contre lui pour poser ses mains sur mon ventre et s’adresser à toi, « son fils » en te demandant si ta journée s’est bien déroulé et s’il ne t’a pas trop manqué, mes yeux se mouillent de larmes. On ne saura jamais si les coups que tu lui rends à travers mon ventre à ces moments sont des pures coïncidences ou bien le lien entre un père et son fils qui se créent. Tout ce que je sais c’est qu’ils nous aident à conceptualiser ton arrivée et à rendre ton existence plus réelle encore.

 

Bien sûr, il a fallu réfléchir à un prénom, une identité, que tu porterais mais que tu ne choisirais pas. Et, pour toi, ce processus a été d’une évidence folle. Ton prénom, dont tu te demandes peut-être d’où il vient, s’est imposé à nous. Nous pensons, ton père et moi, qu’un prénom est porteur de plus qu’une simple identité administrative. Il est le premier rempart entre les autres et toi, parfois il sera un mur, parfois une invitation. Il porte une partie de ton histoire et de ta provenance. Il est ce qui t’accompagnera toute ton existence, sans pour autant que tu l’aies choisi. C’est un marqueur de notre participation à ta création avant de te laisser, avec ce qu’on arrivera à te transmettre, à t’enseigner mais surtout, avec ce que tu développeras seul, te définir comme TU le souhaiteras.

 

Tu as une mère Franco-Tunisienne et un père Franco-Algérien. Peut-être qu’à l’heure où tu liras toi-même ces mots, serons-nous à un tout autre endroit du globe qui aura, tout autant que tes origines déjà multiples, influencé culturellement ton existence. Sachant tout cela et forts de nos expériences personnelles avec nos identités respectives, il nous était essentiel de te donner un prénom qui te rappellerait d’où tu viens mais ne t’enfermerait pas dans un prisme culturel trop étroit et étriqué. Il nous était essentiel de te laisser, au moment voulu faire de ton existence culturelle plurielle une force et que celle-ci soit détachée d’une quelconque connotation. Que ton prénom soit aussi international possible, qu’il soit neutre mais fort, qu’il veuille dire le monde pour nous tout en étant une page blanche à remplir pour toi.

 

 

Je t’explique tout ça dans le plus de détails possibles et comme nous le voyons au moment où nous l’avons choisi. Parce que tu sais, mon fils, les temps et les gens changent et tes parents ne sont pas à l’abris de ne plus se souvenir avec autant d’exactitude et de force pourquoi ils ont fait certains choix. Et si tu hérites de l’obstination de ton père doublée du besoin de comprendre de ta mère, tu auras probablement besoin de savoir !

 

Voilà, Eyden, mon fils, tout ce que ton prénom représente pour nous. Bien sûr, ton prénom est dérivé d’Eden et du paradis qu’il représente. Tes vieux parents sont des romantiques (oui même et surtout ton père !) pour qui ton arrivée représente ce que la littérature, la poésie, la musique et l’art se sont évertués à nous décrire sans jamais l’avoir vraiment vu : le paradis. Et nous ne pouvons que te souhaiter d’atteindre, après une merveilleusement belle et riche existence terrestre, ce but. Puisses-tu, l’ayant pour identité, y aspirer dans toutes tes actions, celles que tu entreprendras pour toi et celles qui seront tournées vers les autres…

 

 

Tes parents qui t’aiment. »

 

 

Voilà les amis, vous savez tout – ou presque – maintenant ! Nous attendons donc un petit garçon qui s’appellera Eyden, pour le printemps 2019.

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