Les Chroniques du Ramadan #6

Ce soir, on voyage dans le temps !

Pour la 6e chronique de ce mois (déjà une semaine demain vous y croyez ?!), je voulais vous emmener dans mes souvenirs d’enfance, les miens d’abord et ceux de ma famille demain !

Nous sommes 6 à la maison. Mes frères, mes parents et moi. Enfin… ça fait bien longtemps que l’on a pas été tous les 6 sous le même toît mais il n’empêche, quelques bribes de souvenirs des repas de famille me reviennent et je voulais les partager avec vous.

Chez nous, le reste de l’année, le repas ne se faisait pas forcément en famille. Maman et papa dînaient souvent de leur côté pendant que mes frères et moi, chacun sa place attitrée, magions dans la cuisine à tous les repas. Mais sitôt le mois du Ramadan commencé, on se retrouvait tous les six dans notre petite cuisine comme si les murs s’étaient subitement poussés. La même cuisine dans laquelle on a, aujourd’hui, du mal à tenir à trois! Imaginez-vous, une grande table, quatre enfants, deux adultes, autant d’assiettes, de bols et de fournées de verres.

Religieusement (littéralement) on attendait le coup de canon à la radio nous indiquant qu’on pouvait enfin rompre le jeûne (que nous ne faisions d’ailleurs même pas à l’époque) mais il était important pour mes parents que ce mois si particulier le soit également pour nous, concernés ou pas directement.

Nous avions une petite radio noire qui rythmait notre dîner. Les petits postes à l’ancienne avec un côté recherche d’onde à la molette et un côté pour recevoir les cassettes de musique de Faïruz. L’émission « fawazir ramadhan » de Radio Orient et son animateur qui recevait des questions ? des témoignages ? accompagnait notre dîner. Mes parents riaient souvent à des blagues en arabe que nous ne comprenions pas du tout (ou pas tellement) et on les rejoignait souvent dans ce rire si communicatif. Mes parents si stricts d’habitude se relachaient souvent pendant ses repas qui restaient pourtant bien ordonnés !

D’abord les dates et le lait (dates que je n’ai jamais réussi à manger jusqu’à mes 20 ans, après que mon frère ai littéralement croqué dans un vers en en mangeant une quand j’étais petite) et surtout ; la salade de baguette : une tranche de baguette sur laquelle on tartine un peu de sauce harissa, on pose deux petits morceaux de pomme de terre cuits à l’eau, un morceau d’oeuf dur, un peu de thon, un petit dé de tomate. Ensuite nous priions ensemble avant d’attaquer ces repas en famille, cette parenthèse dans une année très ou trop rythmée. On finissait systématiquement le repas sur une note sucrée que mon père était allé chercher à Belleville devant un feuilleton tunisien dont nous ne rations pas un épisode et quand on recevait de la visite, on pouvait même espérer veiller un peu autour d’une partie de rami et d’un verre de thé.

D’aussi loin que je me souvienne, c’était ça le Ramadan pour moi, un coccon, mes frères, mes parents et c’est tout. Comme une espèce de trève… Bien sûr, quand on regarde en arrière, on ne voit souvent que les bons côtés de la vie mais j’ai vraiment le sentiment qu’une vraie paix s’installait entre nous tous pendant ces repas partagés et j’ai véritablement l’impression qu’on en a bien profité le temps que ça a duré.

Car quand on a grandit, la vie a vite reprit le dessus. Si vous ne le savez pas, chaque année, le Ramadan se décale d’une dizaine de jour. Ainsi en presque 18 ans, il a eu sur 6 mois différents : on a connu le fait de couper le jeûne en plein cours avec une petite barre de bounty. On a connu le repas à la va-vite entre deux sessions de révision nocturne, on a connu aussi le Ramadan en solo alors qu’on était encore entourés tellement on était pris et la vraie solitude quand part étudier à l’autre bout du monde en plein mois de jeûne (mais ça c’est déjà une autre histoire).

Cette année, à cause de cette solitude imposée alors que nous sommes tous si proches, je me suis retrouvée à repenser à ces moments que j’avais franchement oublié et j’espère que dans 20 ans, on aura réussi à faire de ce mois un moment particulier pour nos petits bouts, nos amis et nos familles…

A vous maintenant, racontez moi vous souvenirs d’enfants pendant Ramadan !

A demain pour une nouvelle chronique !

Prenez soin de vous,

J.

 

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