On ne pouvait pas réussir son confinement.
Bonsoir à vous,
Très heureuse de vous retrouver ce soir pour parler, cette fois ci, d’un sujet d’actualité que j’ai jusqu’ici presque évité. On est dimanche soir, je ne sais pas comment il se passe chez vous mais à la maison, en temps normal ou temps d’avant, je clos souvent la semaine seule si Ghiles travaille tard de la même façon !
Après avoir passé la journée avec Eyden, je finis sa petite routine du soir pour commencer la mienne : une vraie soirée seule (elles s’apprécient croyez moi) avec un petit takeway (vraiment la flemme de cuisiner le dimanche soir!) avec une série en fond tout en organisant ma semaine à venir : les échéances du boulot et les évènements perso. Mais comme tous les dimanches soir, il y a ce petit blues de la semaine qui finit, petit blues d’appréhension de celle qui commence en ne sachant pas quelles surprises elle peut détenir.
Mais depuis maintenant deux mois il n’y a ni dimanche ni lundi car même si le travail continu, il déborde tellement sur la vie personnelle et vice versa qu’il n’y a ni moment de calme ni période de réflexion et encore moins de planification pour les jours et les semaines à venir ! On a cessé de parler de l’avenir tellement on est empétrés dans le temps présent comme bloqués dans un espace spacio temporel aussi incertein que vraiment chiant !
Mais en ce dimanche 10 mai, on rêverait presque à planifier des dîners, des retrouvailles, des vacances aussi peut être et quelque part (et je parle pour moi), les cases de mon cerveau reprennent un peu leur place et la fumée qui sortait de mes oreilles continuellement pendant tout ce temps se tarie un peu. Les gens moquent souvent la routine. Son installation dans la vie représentant pour eux, la fin de tout fun dans la vie. La vérité c’est qu’elle n’est pas aussi chiante qu’elle n’y paraît. Avoir des repères aussi sporadiques et étendus dans la semaine soient ils nous permettent tout simplement de … se relaxer et franchement, on en a grand besoin non ?
Je reste persuadée qu’on ne pouvait pas réussir son confinement. Chez la majorité d’entre nous, il y a eu la phase tri, rangement, travaux, jeux, activités manuelle, pâtisserie, découvertes culinaires… bref pour tout le monde ou presque, ce confinement a été la course à la productivité ou comment réussir son enfermement, exceller dans une situation subie, positiver à tout prix. Pour d’autres, il s’agissait juste de survivre à cette période si particulière entre solitude subie ou vie de famille compliquée, ce dernier dimanche confiné à des airs de libération de l’esprit.
Comme on ne pouvait pas réussir son confinement, je vous le dis d’avance, on ne pourra pas réussir sa sortie ! N’allez pas à l’encontre de vos instincts, ne cherchez pas forcément à rattraper à tout prix le « temps perdu » c’est la seule chose au monde qu’on ne saurait faire. N’en faites pas « trop » au risque d’avoir des regrets, ne cherchez pas à tout prix à retrouver « la vie d’avant », elle n’existe plus vraiment et c’est tant mieux, qui cherche à reculer ?
Bien sûr et comme tout le monde je pense, on a une longue liste de choses à faire et de personnes à voir, on prendra le tout une tâche à la fois, un jour à la fois le tout sans se presser ni s’opresser Bien sûr, je suis certaine qu’il arrivera un jour où on oubliera même toutes les restrictions que l’on vient de vivre. Mais le ramadan nous permet là aussi d’aborder ce déconfinement doucement, un jour à la fois, un ftour à la fois, il ralenti notre rythme, nous recentre sur l’essentiel et nous protège des excès. On voudrait presque qu’il ne se termine pas tellement il a été doux jusqu’ici (le Ramadan pas le confinement) mais je suis sûre que, comme moi, vous êtes heureux de pouvoir enfin partager vos tables avec vos êtres proches.
En attendant une nouvelle chronique,
Je vous embrasse
J.