Chronique du post partum J17

La journée de la loose.

Nouvelle journée, nouvelle chronique, une chronique pour vous faire rire et vous rappeler que chaque journée de merde a une fin !

Tout le monde a des jours où rien ne va mais alors quand les merdes (littérales dans mon cas) s’enchainent, il faut une belle dose de lâcher prise et d’humour pour que ça ne dure pas plus qu’il ne le faut …

On savait qu’avec deux enfants tout allait être un peu différent et ce serait vous mentir que de dire que je me sentais d’attaque de gérer seule les deux alors même que je gambadais seule avec Eyden une semaine à peine après avoir accouché.

Je m’étais fait tout un film dans ma tête de cette première hypothétique sortie avec les deux. Il fallait que ce soit une demie journée, en intérieur avec un Eyden calme et reposé… mais vous connaissez l’adage : plus tu prévois… moins ça se passe !

Ce dimanche, seul jour en famille dans l’emploi du temps serré du baby Daddy, est une journée qu’on passe traditionnellement à l’extérieur pour qu’Eyden profite de l’air frais et qu’on puisse se balader un peu en dehors des espaces confinés qu’on occupe toute la semaine.

Bref, ce dimanche, même la pluie ne décourage pas notre sortie mais on a du mal à se décider sur le quartier de Paris et sur notre moyen de transport. On finit par se diriger vers l’hypocentre en voiture. Alors que la chance nous sourit avec une petite place de stationnement sur les quais, la débandade commence : la pluie reprend de plus belle pendant que Ghiles se débat avec un Eyden pluuuuuus que grincheux qui se met à hurler dehors. De mon côté, j’ai la bonne idée de changer Leyel dans la voiture pour qu’elle soit au sec pendant notre balade.
C’est au moment fatidique de la couche ouverte que Leyel me lance un jet de selles à la façon d’un tuyau d’arrosage lancé à pleine puissance. Comment un si petit être peut lancer avec tant de forces un truc aussi nauséabond ?!

Et alors que je pensais avoir masteurisé l’art de l’esquive en dégainant la couche propre plus vite que mon ombre tout en poussant un hurlement mi effrayé mi soulagé j’ai lancé à Ghiles pas peu fière « ouuuuf on est pas passé loin de la catastrophe ». Mais quelle erreur de débutante que de ne pas avoir considéré les angles morts de la couche. Dès qu’elle s’est détendue, vidée de tout ce qu’elle avait pu boire sur la journée, j’ai découvert avec horreur qu’elle avait complètement repeint d’un jaune canard qui ne serait jamais tendance : le siège arrière, sa jambe gauche, sa combinaison pilote en moumoute trop jolie et … sa chaussette droite (like how the fuck did it go there sans toucher le reste de sa jambe !!).

Eyden, toujours hurlant dans sa poussette et réclamant du chocolat, moi, complètement dépitée de devoir changer entièrement Leyel qui n’avait désormais plus rien pour sortir se balader dans le froid j’ai fini par dire à Ghiles qu’il serait peut être judicieux de rentrer à la maison. Il faut savoir quand il faut se battre et quand il faut accepter la défaite. Il était désormais 15h, je n’avais toujours pas déjeuné (autant dire que je n’allais pas tarder à me transformer en Godzilla), les enfants étaient au bout de leur vie, bref je ne rêvais que d’un chocolat chaud sous la couette.

Dans le même temps une voiture attendait sagement à côté de nous que Ghiles avance la nôtre d’un iota pour pouvoir se garer derrière nous. C’est là que le coup de grâce nous a été asséné. Tour de clé. Rien. Regard de panique échangé. Re tour de clé. De nouveau rien. Tu connais ce sentiment où t’es un peu à bout et qu’un rien finit par te faire basculer du côté obscur de la force. C’était précisément moi à ce moment là.

J’ai alors décidé de faire un truc un peu stupide mais après 30 ans passés en compagnie de moi même, je sais que dans des moments comme ça, je suis la personne la plus irrationnelle du monde (Gemini vibes et tout ce qui va avec). Plutôt que de me poser à la terrasse de n’importe quel restaurant avec un enfant au bout de sa vie et un nouveau né imprévisible à me mordre le bout des doigts et essayer de trouver un responsable à nos galères (Gemini vibes bis + chute d’hormones) j’ai décidé de me calmer en faisant un truc qui occuperait toute ma tête et mon corps : rentrer seule en transport avec les deux enfants. Stupide et peut être même un peu dangereux à J+15 de mon accouchement et par 3 degrés mais si je restais sur place à remettre en question tous les choix que ferait Ghiles pour dépanner la voiture, je savais que j’allais être injuste et complètement folle à lier.

Me voici donc à pousser Eyden dans sa poussette, Leyel dans son écharpe à commander un cake au chocolat (souvenez-vous Eyden hurlait pour manger du chocolat), un chocolat chaud aux lèvres à tenter de m’auto persuader que c’était une bonne idée. Après tout, je ne m’étais pas imaginé ma première sortie comme ça mais si ça se passait bien, il n’y aurait pas eu meilleur baptême du feu.

J’étais tellement furax que je ne demandais de l’aide à personne dans les escaliers de peur d’arracher la tête à une personne qui me la refuserait et puis… Une jeune maman, poussette d’un côté, bébé dans les bras, les gens ne me laisseraient quand même pas en galère. LOLILOL. C’est évidement mettre bien trop de foi dans Le Parisien (car la parisienne est bien plus aimable). Les messieurs se sont enchainés en haut et en bas des escaliers, me dévisageant de haut en bas sans jamais proposer leur aide (#EDUQUEZVOSFILS).

En haut des escaliers de la station Odéon, c’est une dame de l’âge de ma mère qui m’accompagne jusqu’à la rame du métro (il fallait qu’avec tout ça, la ligne que je prenais soit fermée le dimanche la guigne je vous dis), un petit ange comm on en croise que trop rarement ces temps-ci. Pour le reste du voyage, j’ai du composé avec mes bras frêles pour porter la poussette vide et un Eyden peu coopératif pour monter ou descendre les escaliers seul (je portais la terre entière pourquoi lui devrait compter sur ses jambes tout à coup).

Une fois dans le RER, je finis par souffler et pleurer un bon coup. Ça, c’est fait. C’était vraiment ni le bon jour, ni la bonne sortie, ni le bon moment, ni les meilleures conditions MAIS, j’ai survécu aux transports en commun, à Paris et à mes deux enfants tout en marchant une distance que je n’avais plus parcouru depuis des semaines. Mieux encore, je finis par arriver chez mes parents (quasi en même temps que Ghiles qui avait dépanné la voiture entre temps) détendue et presque souriante de cette mésaventure pas si grave que ça mais l’exagération étant mon 2e prénom, il me fallait cette heure et demie, seule, pour tenter de gérer mes émotions à ma façon.

Et ma façon n’est ni la meilleure ni la plus mature mais elle m’a permis de redescendre doucement. Et surtout, elle met certaines choses en perspective. Il nous arrive à tous d’avoir ces moments où tout semble insurmontable, ou on perd patience et où rétrospectivement on se dit qu’on aurait pu faire les choses plus calmement, autrement. Et on est des adultes responsables. Imaginez un enfant de 2 ou 3 ans, qui commence simplement à expérimenter le panel de ses émotions complexes et qui vous tape une crise monumentale. Pensez à votre dernier pétage de plomb, ça vous aidera peut être à prendre la crise de votre mini avec plus de philosophie…

On tire tout de même quelques enseignements de cette journée de la loose

  • je ne sors plus de la maison aux heures de repas sans avoir avalé quelque chose.
  • on ne programmera plus de journées à la one again en priant pour le meilleur.
  • on prendra toujours un manteau de rechange pour Leyel et 3 tenues au moins!
  • Il est quand même VRAIMENT temps de se débarrasser de notre Twingo et de changer de voiture ….

La vie est belle, on est pas à notre dernière journée de la loose, until the next one, prenez soin de vous !

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