Maman deux fois, aimer mieux.

Hello vous,

Il était temps qu’on se retrouve non ? J’ai tourné l’objet de cet article mille fois dans ma tête avant de vous pondre quelque chose. Et finalement, comme souvent, c’est en y pensant pas tellement, un latte vanille à ma droite, que je me lance et que je tente de poser des mots sur un sentiment nouveau, presque indescriptible.

Il faut que je vous dise, si je fais autant de parallèles entre ma maternité avec Eyden et celle-ci, c’est parce que je crois que je finis par réaliser aujourd’hui les sentiments et le vécu que j’avais il y a deux ans et demi. Pardonnez donc les parallèles mais ils sont indispensables pour comprendre le chemin parcouru et le ressenti actuel.

Vous le savez (ou pas) contrairement à Eyden, Leyel est un bébé surprise. De ceux qu’on attend pas mais qu’on est profondément heureux d’accueillir. Je n’arrêtais pas de dire que je ne voulais pas d’un 2e enfant tout de suite. Ma vie était encore si bouleversée de l’arrivée d’Eyden (pas tant son arrivée mais de ma réaction face à cette arrivée) que j’ai fini par être persuadée qu’une seconde maternité serait le synonyme de la fin de moi, de mon couple, de mes aspirations. Violent non? Mais vraiment réel.

Et finalement, quand, en mars dernier, ce plus est apparu sur ce test, j’ai soufflé. Un loooong soupir de gratitude, de soulagement presque. J’ai ensuite retenu ce souffle pendant 9 mois. 9 longs mois pendant lesquels, quand je pensais à ma maternité plurielle, je me mettais à hyperventiler, à paniquer et si je ne me stoppais pas, je pouvais partir très vite en crise de panique.

On se demande souvent comment on peut aimer un 2e enfant après l’explosion du coeur qu’on connaît quand on rencontre son premier né. Pour ma part, et vous me connaissez je ne vous mentirai pas, je n’ai pas aimé 2 fois plus fort. Non, j’ai aimé, différemment. Le 2 expériences sont incomparables, le premier né restera à jamais le premier né. Ce n’est pas son individualité qui fait qu’on l’aime plus ou moins, c’est celui ou celle qui te fait basculer dans le reste de ta vie, dans un état que tu n’as jamais connu avant et que tu n’oublieras jamais, un état qui restera en toi pour le reste de tes jours. Quoi qu’il advienne peu importe le temps que ça dure. Ce jour de la naissance de ton aîné, tu es devenue mère pour le reste de ta vie. Avant ce premier né, il y avait toi et ta moitié, toi et ta vie, toi et rien d’autre. Ce premier né rabat toutes les cartes et te fait basculer dans un monde que tu ne connaissais pas et amène avec lui un lot de sentiments que tu n’as jamais expérimenter, une fatigue que tu ne pensais jamais connaître, des ressources personnelles absolument insoupçonnées et un amour incomparable. Tout ça en même temps.

Je discutais justement de ça avec une amie nouvelle maman qui me posait la question : comment aimes tu Leyel après Eyden. Pas au sens de comment puis je mais plutôt à quel point. J’ai tout de suite saisi le sens de sa question et voilà ce que je lui ai répondu : « Eyden c’est comme un premier amour, tu sais ce premier amour qui te tiens éveillé la nuit près du téléphone, qui te consumes, cet amour passionnel qui te fait vivre autant qu’il te détruit. Leyel c’est l’amour avec lequel tu finis par faire ta vie, moins de passion parce que rien n’est nouveau mais autant d’amour. Un amour posé, calme, qui dure. Un amour rassurant parce que tu as appris qui tu étais en leur présence. Un amour doux comme une nuit d’été. C’est ça la majeur différence entre mes deux vécus. » Je ne me suis jamais posé la question de savoir si l’amour « se multiplie » c’est évident, à partir du moment où tu sais que tu vas être maman à nouveau tu l’aimes, qui soit-il ou soit-elle quand bien même tu ne pensais pas cela possible après ton premier né.

Après réflexion (et un vécu différent) c’est beaucoup plus sain maintenant de plus avoir ce sentiment exacerbé d’interdépendance, ce « il n’est rien sans moi, je suis son tout » qu’on peut ressentir après une première naissance parce que ce sentiment, quintessence de l’amour qu’on peut ressentir peut être aussi destructeur. A trop se donner on s’oublie, à trop exister pour un seul être, même la chair de sa chair, on peut vite sombrer dans une existence incomplète, aigrie.

Comme toujours, tout est une question de balance, certains la trouve immédiatement, d’autres prennent du temps le voyage n’en reste pas moins formidable.

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