Pour celles qui suivent mes stories, vous avez peut être en mémoire un épisode il y a quelques jours de cette femme qui s’est permise de venir me dire de me rhabiller alors même que je portais une tenue absolument correcte et que mon fils faisait une crise internationale de pleurs et que j’étais absolument démunie en plein cagnard. Anyways, de ce récit ont émergé nombreuses discussions entre vous et moi autour de la pudeur, de la représentation de la femme dans les pays du Maghreb et surtout de l’hypersexualisation apprise et transmise souvent malgré nous de génération en génération.
La question de la pudeur vestimentaire dans nos familles arabomusulmanes est un sujet, malheureusement, essentiellement féminin. A mon sens, la pudeur a un sens plus large que simplement le nombre de centimètres carrés de son corps que l’on couvre et déjà lorsque cette question devient genrée, elle pose déjà un problème d’égalité et d’équité.
Le récit que je vous fais aujourd’hui est un récit personnel d’évènements vécus. Si je devais relater toutes les étapes par lesquelles je suis passée je devrais probablement vous publier un essai de bien des pages. Ce récit ne vient régler aucun compte vous le savez si vous me suivez, je suis en paix avec moi même mais aussi avec les autres. Je partage aujourd’hui tout ça avec vous pour vous dire encore une fois qu’il y a bien plus à une personne que ce qu’on voit à un instant T de son histoire. Je l’écris aussi pour toutes les filles qui me lisent âgées ou jeunes, indépendantes ou sous tutelle familiales voilées ou non, musulmanes ou non car la pudeur vestimentaire imposée n’a ni couleur ni religion.
L’une d’entre vous m’a écrit en privé et m’a posé la question suivante : « Es tu aussi à l’aise avec ton corps dans toutes les situations familiales et dans tous les pays ? » La réponse courte est, aujourd’hui, oui. Est ce que je m’habille pareil dans les rues de mon petit village tunisien que sur une plage de Phuket ? La réponse est non mais cela relève de ma volonté de discrétion et d’adaptation à mon environnement. Est ce que je m’habille pareil lorsque je sais que je sors le soir à Paris seule rejoindre des copines en transport ou en date avec mon mari ? La réponse est aussi non. Adaptation sociale, géographique, culturelle et surtout… instinct de survie.
Mais la vraie question sous jacente n’était pas celle ci. La question est « est ce que je laisse encore quelqu’un soit : me dicter ma façon de m’habiller ou me juger sur celle-ci? » La réponse très courte est évidemment non. La réponse plus longue, plus nuancée et plus complexe tient dans le développement de cet article.
J’ai souvent abordé le sujet de la pudeur ici et là sur mon blog et sur Instagram. Je pense qu’il est peut être temps qu’on dise TOUT sur le sujet parce que je pense que c’est le sujet qui a le plus miné la construction de ma féminité au cours du temps. D’ailleurs, c’est la raison principale pour laquelle j’ai commencé ce blog il y a des années maintenant. Je me disais qu’il y avait surement beaucoup de filles comme moi qui avait vécu des années difficiles à être jugées de la pire des façons par les membres les plus proches de leurs familles alors même que tout ce qu’elles faisaient de répréhensible c’était vouloir exister sans faire de mal à personne en portant ce qui les rendait heureuses. Je voulais leur dire que pour moi aussi, s’habiller n’était pas un acte de rébellion et que tout ce que je souhaitais c’était pouvoir le faire sans déclencher une guerre mondiale chez moi. Je veux leur dire que mettre une jupe n’était pas une invitation dans ma culotte et un t-shirt pas une pub tahiti douche.
Ce que vous voyez aujourd’hui.
Ce que je dégage probablement aujourd’hui c’est une féminité complètement décomplexée : une jeune femme de 30 ans qui aime beaucoup s’habiller, être apprêtée, avec autant de tenue courtes que longues, amples que près du corps. Je ne suis pas pudique, comme je l’ai écrit dans un post sur Instagram, ce n’est pas un acte de rébellion contre une société patriarcale ou contre un pan de ma foi dont je refuse l’existence. C’est qui je suis. Je suis très à l’aise avec mon corps, j’ai été faite comme ça. Je ne passe pas mon temps à m’admirer dans le reflet de mes miroirs pour autant, je pense que je suis assez indifférente à tous les standards qui existent sur le corps féminin, je suis comme je suis, point. Parfois je me trouve très jolie parfois moins mais je ne me rends pas malade quant au reflet que je me renvoie. J’ai appris avec le temps que ce que je percevais de moi n’était pas ce que les autres voyaient. Je pense que lorsqu’on comprend ça, on se détache déjà de beaucoup de dictats et on ne peut que s’apprécier davantage.
D’où je viens.
J’ai une maman coquette et un papa toujours sur son 31. D’aussi loin que je me souvienne je n’ai JAMAIS vu ma mère habillée de façon négligée ou mon père sortir ne serait-ce qu’en jogging. Pourquoi je vous dis ça ? Parce que forcément, ça forge, ça se transmet. Ils ont TOUJOURS TOUJOURS accordé une importance à leur tenue vestimentaire, dans la vie pro comme dans le perso. Ma mère pouvait passer des semaines à trouver la bonne coupe d’un pantalon pour compléter une tenue et apporter avec elle une tunique pour trouver la bonne teinte du foulard avec laquelle la porter. Quant à mon père, même quand il s’agissait d’aller égorger le mouton de l’Aid, son t shirt était repassé, son pantalon impeccable. (Pour la petite histoire, lorsqu’il est venu me rendre visite à la maternité lors de la naissance d’Eyden, il était en costume cravate pour faire « honneur à son petit fils » et avoir des photos qui traversent avec classe les décennies).
Petits, Nous changions l’intégralité de notre garde robe deux fois par an : avant la belle saison, nous avions tous, mes frères et moi, de nouvelles tenues choisies avec soin et lorsque nous rentrions de vacances mon père nous accueillait à la maison avec des sacs entiers de ce qui constituerait notre garde robe d’hiver. J’ai grandi avec cet amour pour l’élégance, les belles tenues choisies avec soin et le sens du détail. Ma seule tare ? Je n’étais pas du tout attirée par les tenues dites « mastoura » ou pudiques. Comprendre s’habiller de façon ample, couvrir ses attributs féminins, sa poitrine, ses fesses, ne pas laisser paraitre ses formes. Pour quelle raison ? Je n’en sais rien. Je pouvais trouver extrêmement belle et élégante une femme couverte comme une femme découverte, leur part d’élégance était chez moi la même.
Ça c’était pour le petit côté historique de l’histoire, maintenant, comment concrètement ai-je grandi au milieu de tout ça ?
Quand j’avais 12 ans, une maman dont le fils était gardé chez nous m’a offert quelques t-shirt. Elle et son mari avaient une usine d’impression textile. Un jour d’été, je ne sais pas pourquoi, je suis allée en mettre un avant de sortir et j’ai demandé à mes parents si je pouvais sortir habillée comme ça, chose que je faisais sans demander avant ça, (société patriarcale intériorisée partie 1). Je me souviens avoir vu mes parents échanger un regard et ma mère me dire « non, va mettre une veste au dessus avant ». C’en était fini de mes bras dénudés pour au moins, une dizaine d’année.
Ca a été le début d’un très long chemin vers l’indépendance vestimentaire qui était en réalité, bien plus que ça. Pendant des années, je me suis demandé pourquoi j’avais posé cette question à mes parents, imaginant un monde où je pouvais porter des robes légères en été et des t shirt sans gilet, enviant mes trois frères et leur débardeurs par 40 degrés alors que je devais empiler les couches de vêtements qui me faisaient suer avec toujours ces remarques en fond « couvre toi, couvre toi », je commençais à avoir honte de ce corps pourtant si plat. J’adorais aller à la plage, seul endroit au monde où j’avais le droit de porter un maillot une pièce avec un short (pour quelques années encore) et où je sentais mon corps chauffer délicieusement au contact du soleil de la fin de journée. Je vous jure, je fantasmais parfois pendant des heures à flâner dans les boutiques en imaginant quelles « autres » tenues j’aurais porté dans une autre vie.
Vous connaissez tous l’histoire du gros bouton rouge sur lequel il ne faut surtout pas appuyer, si bien que ça devient la seule chose qui nous obsède : appuyer dessus. Ma liberté vestimentaire et mon amour pour le style et tous les interdits qui tournaient autour m’ont obsédé pendant des années.
Quand j’osais parfois en parler, je m’entendais dire qu’il était superficiel pour moi de m’attarder autant sur des bouts de tissus, que c’était synonyme de légèreté de moeurs, que si je prenais les choses autant à coeur cela ne me différenciait pas tellement des filles qui ne s’habillaient que pour attirer l’attention des autres. Imaginez un tel discours, répété tant de fois pendant les années de construction d’une personne. Moi, pourtant, qui voyait mes parents toujours si élégants et si sélectifs dans leur garde robe, je les savais loins d’être superficiels pourquoi devais-je être différente ? Pourquoi quand il s’agissait de moi les tenues devaient avoir toute une signification et une intention autre que celle que JE leur donnais?
A partir de ce moment j’ai eu l’impression que mon identité s’est dissociée en deux partie distinctes, celle que j’étais dans ma grande intimité et celle que j’étais en public.
J’étais la même pourtant, une jeune fille en construction sur bien des aspects divers et variés qui s’étendaient bien au delà des seuls interdits vestimentaires. J’apprenais à être une personne à part entière : une étudiante, une amie, une soeur, une ado avec tous les changements que cela comporte. J’étais loin d’être une ado à problème, j’étais hyper réfléchie, un peu en avance peut-être et surtout très très stimulée intellectuellement. Et très vite les différences de traitement que je percevais, notamment chez mon entourage proche me poussaient à me questionner sur le bien fondé de leurs décisions me concernant. Je ne comprenais pas qu’on me demande mon avis (et qu’on le prenne en compte) sur des questions de société complexes (oui les trajets en voiture avec mon père étaient aussi philosophiques qu’un débat politique d’experts) mais qu’on me considère comme incapable d’étayer des arguments en ma faveur lorsque j’exprimais que je ne trouvais pas ça juste de porter la responsabilité du comportement obscène des hommes. Je ne comprenais pas qu’ils puissent apprécier, respecter et aimer leurs amies qui s’habillaient comme elles le souhaitaient et ne pas m’octroyer le même traitement. Je ne comprenais pas qu’il puissent voir au delà pour certaines et pas pour moi. Je ne comprenais pas qu’on me renvoient toujours à la sexualité que je pouvais provoquer chez les autres sans la nommer….
Le principe selon lequel j’existais était simple : ce que fait l’autre ne me regarde pas. Si son action ou son existence provoque en moi un sentiment dérangeant peut être que c’est moi le problème parce qu’il ou elle a le droit, autant que moi, d’exister à sa façon. Comprenez que pendant près de 10 ans on m’a empêché (ou jugé sévèrement) de faire quelque chose dont MOI j’avais envie en justifiant l’interdiction par le sentiment de gêne que cela provoquait chez l’AUTRE. Relisez encore cette phrase et dites moi honnêtement que vous n’y trouvez rien de choquant.
On a donc normalisé chez moi (mais chez beaucoup d’autres filles aussi) la responsabilité des actions répréhensibles des autres. Si quelqu’un pense mal, alors même que tu ne fais rien, c’est quand même de ta faute. On a aussi normalisé quelque chose que je trouve très dangereux pour la construction d’une personne et qui, malheureusement, peut conduire à des situations catastrophiques. On a rendu normal le fait que s’entendre dire que ce que nous aimons n’a pas de valeur si ces éléments ne sont pas similaires à ce qu’aiment nos parents ou s’ils ne sont pas approuvés par nos parents ou nos tuteurs ou notre cercle ou peu importe qui décide dans votre environnement familial.
Concrètement, comment ça s’est traduit pour moi pendant des années ? Si mon enveloppe corporelle passait le contrôle parental j’étais traitée avec considération, respect, amour. Si je venais à mettre quelque chose qui ne « passait pas » j’étais traitée complètement différemment. Est ce que mon comportement changeait entre les deux ? Absolument pas. Imaginez grandir en entendant PARTOUT que ce qui compte c’est son coeur (chose qui prime dans notre belle religion d’ailleurs) mais dans les fait, subir une différence de traitement basée sur l’extérieur par les personnes qui sont en plus, sensées vous aimer sans condition.
Pire encore, dans une société qui rejetait ma mère, mes amies voilées, seulement à cause de leur enveloppe vestimentaire je ne comprenais pas qu’on me fasse la même chose pour les raisons inverses, qu’on me prête des intentions qui n’étaient pas les miennes ou qu’on colle une étiquette à ma personnalité sans même s’arrêter deux minutes sur mon coeur. Plus encore on me disait que ce que mon coeur comportait n’avait pas d’importance si cela ne se voyait pas extérieurement. Autrement dit, comment pouvais-je affirmer me réclamer d’une certaine foi ou de certaines valeurs, si je ne m’habillais pas de façon pudique. Si je m’habillais comme une ***** (remplir avec le mot qui convient lol) alors j’en était une point. L’habit ne fait pas le moine dites-vous?
Je suis TRÈS famille, si je ne l’avais pas été, certaines choses auraient probablement été plus simples. J’aurai fini par faire mon bout de chemin seule à des kilomètres en ne leur rendant visite qu’à certaines occasions. C’est ce que beaucoup de filles font d’ailleurs. Peut-on les blâmer ? Je ne pense pas. Ça ou mener une double vie. Malheureusement pour moi, je voulais tout, passer beaucoup de temps avec eux et être qui je voulais être.
Du coup, pendant des années j’ai fait avec. Je cherchais mes tenues avec soin pour qu’elles soient « parents approved » et me rendent heureuses de les porter. Après tout, je dépendais encore complètement d’eux et rien ne changerait… jusqu’au moment où forcément, ça ne fonctionne plus. J’avais l’impression d’être hypocrite alors même que je refusais de l’être dans ma vie. Tout ça pour quoi ? Pour préserver les sentiments des autres ? Et moi dans l’histoire ? N’avais je pas aussi droit à un peu de paix intérieure? Si on supprime trop longtemps cette recherche de la paix et si trop longtemps on priorise l’autre quel qu’il soit sur soi-même vous pensez vraiment que ça n’a pas des conséquences désastreuses dans la vie quotidienne ? Les comportements violents qu’on excuse, les patrons abusifs, les amitiés toxiques. SI on continue d’accepter trop longtemps de laisser passer des comportements qui nous font du mal pour la paix intérieure de la personne qui l’impose sans même que cette personne ne fasse attention à votre propre bien être vous vous attendez vraiment à être respectée, choyée, aimée ? Je suis désolée de vous dire que non. Ces personnes et quelle que soit leur justification, même religieuse, sont juste en train de vous dire : je me fiche de ce que tu ressens, ce que tu ressens n’est pas valide face à mon ressenti à moi qui, validé par le divin (certains ont apparemment des canaux direct que nous n’avons pas tous), JE suis mal à l’aise de te voir comme ça, je suis ton parents, tu dois ME satisfaire pour que JE sois tranquille devant les autres.
Aussi, jeune adulte, j’ai accepté que cet aspect de ma personnalité ne changerait pas et que j’avais un choix à faire : soit, mes proches l’acceptaient et je pouvais enfin être moi à 100% avec eux, soit je devrai faire sans eux. Le compromis ne fonctionnait plus. J’étais persuadée au fond de mon coeur que je ne faisais pas de mal alors je n’avais rien à me reprocher et je devais cesser d’accepter qu’on me traite comme si j’avais quelque chose à me reprocher ou que je devais ressentir de la honte lorsque j’étais qui j’étais. Je n’avais pas honte de qui j’étais, je n’ai toujours pas honte de qui je suis.
Le changement.
Ca peut paraitre très superficiel ce que je vous raconte mais ça a été déterminant dans ma construction personnelle. Pourquoi? Parce que dès que j’ai pu, j’ai cherché l’indépendance. Très tôt je suis partie de chez mes parents et j’ai bossé comme une folle pour ne dépendre que de moi. Si j’étais ma propre personne, personne ne pouvait me dire comment m’habiller!
A 20 ans, comme vous le savez, je suis partie à l’étranger pour mes études. Ça a constitué un tournant. J’ai vécu ma foi et ma liberté vestimentaire selon mes standards et j’ai reçu beaucoup d’amour de respect et de considération de la part de mes amis à l’étranger. A partir de ce moment là, j’ai décidé que mes proches aussi en étaient capables et que je serai qui je suis complètement.
A vous regarder ils s’habitueront
Avec beaucoup d’amour, de bienveillance et de patience (surtout) mais en ne laissant plus de place au chantage affectif mes proches ont changé de regard. Petit à petit, tenue par tenue, occasion par occasion tout en restant la même, en ne changeant pas mon comportement j’ai fini par pouvoir être celle que je suis devant et derrière eux. Enfin je ne m’interdisais plus de passer leur faire un coucou après le travail sans passer me changer avant, enfin je pouvais les retrouver à l’improviste pour un café car on était au même endroit sans aller acheter quelque chose pour me couvrir. A le lire comme ça c’est ridicule non ? Et pourtant …
Bien sûr, c’est plus facile loin de leur propre dictat traditionnel et encore aujourd’hui à 30 ans, maman de bientôt deux enfants, il arrive à ma mère de me dire de porter quelque chose de plus long, de plus couvrant. Il lui arrive encore de me traiter différemment selon ma tenue et de me dire de m’habiller en fonction des personnes que je vois… tout en partageant mon compte Instagram à ses copines et à promouvoir mon blog. Je l’accepte, ça me touche de moins en moins mais c’est toujours présent, je me bas encore contre ce que j’ai vécu il y a plus de 15 ans, comment en vouloir à ma mère qui se bat probablement contre ses propres démons depuis le double ou le triple de mes décennies? Si ça devient trop pesant, je m’éloigne mais plus jamais je ne céderai, comment exiger des autres qu’ils me respectent si je ne me respecte pas moi-même?
On ne peut pas tout avoir en même temps
Si vous êtes dans une situation similaire, sachez qu’on ne peut pas tout avoir en même temps. Vous ne pouvez pas imposer votre vision de la vie et vous attendre que votre entourage l’accepte par force. Vous avez vous même refusé leur imposition mentale, pourquoi accepteraient-ils la votre ? Eux aussi ont un choix à faire. Soit, ils restent dans votre vie selon vos termes soit, ils s’éloignent. Bien sûr je parle ici dans un cadre où vous êtes des adultes indépendants et que vous ne recherchez de vos proches que la compagnie saine et la création de souvenirs. On peut difficilement dire à quelqu’un dont on dépend d’aller se faire foutre non?
Ce que je veux que vous reteniez de tout ça ?
- Si vous vous retrouvez dans mon histoire, faites d’abord la paix avec votre coeur. Si vous n’êtes pas à 100% convaincus de la personne que vous êtes et des valeurs que vous voulez représenter, ne vous attendez pas à être validés par qui que ce soit dans votre entourage. C’est en étant d’abord votre propre personne et en vous validant vous-même que vous finirez, avec beaucoup de temps, par gagner le respect des autres. Et si vous ne l’avez pas parce que, parfois, ça se passe aussi comme ça, ce n’est pas une fin en soi mais je pense que chacun et chacune d’entre nous à un choix à faire à un moment dans sa vie. Et vous devez être prêt à vivre avec les conséquences, même si elles sont douloureuses. Il m’a fallu vivre un an seule littéralement au bout du monde pour trouver le courage d’être devant mon entourage qui j’étais dans la vraie vie avec beaucoup de moments de découragements, de froids d’incompris, de période sans parler à mes proches.
- Si vous vous retrouvez dans le discours et le traitement des personnes que j’ai inclus dans ‘mes proches’ je vous en conjure, revoyez votre comportement. Il n’est pas nécessaire d’élever encore des générations d’hommes et de femmes intolérant.e.s blessant.e.s et de continuer de reproduire des schémas qui ont produits des personnalités fragiles en besoin crucial de reconstruction personnelle. Je vais finir sur une petite histoire. Lorsque j’ai commencé mon blog, pour les raisons que j’ai évoqué avec vous plus haut, j’ai aussi débuté parallèlement ma carrière de prof. Des personnes avec lesquelles j’ai grandi de près ou de loin qui partagent ma foi et mes origines ont lancé une initiative de voyage de remise à niveau scolaire pour des jeunes collégiens et lycéens. J’ai tout de suite fait part de ma volonté de faire partie du staff pour apporter ce que je pouvais en soutien scolaire, bien sûr, de façon tout à fait bénévole. Un jour, on m’a convié pour en discuter autour d’un café. Nous étions 4, une autre femme, deux hommes. J’ai vécu l’un des moments les plus humiliants de ma vie. A 23 ans, des personnes de ma génération m’ont expliqué pendant près d’une heure qu’on ne solliciterait pas mon aide sur ce moment car ma présence sur internet (qui consistait à l’époque dans la publication de looks sur mon blog) « véhiculait un message de débauche, que ma seule présence lors d’un tel stage serait perçue par les jeunes filles comme une acceptation, une validation et une tolérance d’un comportement visiblement inadéquat pour elles et il était hors de question de les inciter à se débaucher ». C’était il y a 8 ans. Je n’ai rien oublié de cette entrevue. Si vous me lisez et êtes capables de tenir ce genre discours à des femmes de votre entourage en affirmant que si elles portent un t shirt cela revient à donner ses fesses gratuitement à tout un quartier (parce qu’on me l’a pas dit en ces termes mais évidemment que ça revenait à ça), je connais une excellente psychothérapeute qui serait ravie de vous recevoir et de vous aider sur le chemin de la tolérance. Le problème ne vient pas de nous, le problème, c’est vous. Sans nuance et sans équivoque.
Nous avons été créés avec une complexité sentimentale et une maturité intellectuelle absolument incroyable utilisons là pour faire honneur à nos valeurs sans détruire nos entourages respectifs et vous verrez, avec de l’amour et de la tolérance, on fait plus de miracles et on convainc plus de gens que l’on ne pense. Quant à vous, qui souffrez peut-être encore dans des cercles toxiques, je suis avec vous, ce ne sont pas des mots, c’est une vérité. Je suis là pour tout le chemin et c’est votre devoir envers vous-même de vous éloigner et de commencer à penser à vous.
tendrement
Jihed.


















































