Les Chroniques du Ramadan #15

Le post partum,

Bonsoir à toutes et à tous,

Ce soir, j’aborde un sujet qui me tient très à coeur et sur lequel je n’avais jusqu’alors pas assez de recul pour vous en parler. On a d’ailleurs souvent peur d’aborder un tel sujet car comme la grossesse ou l’accouchement, chaque histoire de post partum est propre à chacune, unique et il ne convient pas du tout de prendre un témoignage pour exemple ou de se sentir mal parce qu’on a une histoire différente.

En ce qui me concerne, tout comme la grossesse, j’adore lire les témoignages du post partum de femmes hyper différentes avec des cheminements difficiles, d’autres plus simples bref j’aime en lire donc pourquoi pas vous partager le mien ?

Je vais vous parler vraiment, sans chichi. Je tiens néanmoins à vous rappeler que c’est mon expérience et que bien sûr elle ne vaut absolument pas pour vérité générale.

En une seule phrase, le post partum c’est être à la fois : une femme active, une mère, une amante tout en réapprenant à vivre avec un corps qui aura subi plus de changements en l’espace de quelques mois qu’en toute une vie. C’est donc dans ces grandes catégories que je vais aborder mon aventure !
Reprendre une activité professionnelle

… rapidement ! En tout cas ça a été mon cas. Aurais je fait la même chose aujourd’hui ? Probablement pas mais si je ne l’avais pas fait il y a 9 mois, de reprendre le boulot à peine après 3 mois, serions nous installés dans notre maison ? Aurais je gagné cette confiance professionnelle que j’ai aujourd’hui avec mes clients ? Je ne sais pas … J’ai adoré reprendre rapidement, revoir des adultes après avoir passé 3 mois seule chez moi avec Eyden mais j’ai aussi énormément couru tous les mois qui ont suivi pour être sur tous les fronts à la fois. Je courrais de mission en mission et je m’échappais tout aussi rapidement pour aller câliner mon petit prince. Résultat, je suis aujourd’hui complètement épuisée et j’ai accueilli le confinement avec un grand soulagement, ça a été l’occasion parfaite de ralentir et de redéfinir mes priorités pour les mois à venir !

Mon conseil : il n’ya pas de meilleure solution quand il s’agit de reprendre ou non le travail. Je pense néanmoins sincèrement que l’argent se rattrape, la première année avec son bout de chou, pas tellement. Mon conseil serait de reprendre au moment où vous vous sentez de nouveau assez forte et confiante en vous pour aller conquérir le monde. On pense à tort qu’une femme qui reprend super vite est plus forte qu’une femme qui a décidé de s’arrêter un peu plus longtemps. C’est tellement faux. Prenez le temps de vivre, que ce soit chez vous avec bébé ou au boulot.

Devenir maman

On oublierait presque que le coeur du post partum c’est quand même le fait qu’en l’espace de quelques heures on devienne… maman ! Sincèrement, j’ai été submergée par la maternité, si bien que j’ai fait un boooon baby blues deux semaines après la naissance d’Eyden. J’avais d’ailleurs réussi à en parler avec certaines d’entre vous et ça m’avait beaucoup aidé à relativiser à l’époque. J’ai beaucoup évité de trop y penser sur le coup en me forçant à sortir, à reprendre la vie d’avant. Avec le recul, je me rends compte que je me suis beaucoup forcée pour ne pas me retrouver trop longtemps avec mes pensées et mes sentiments. Je n’arrivais pas à les expliquer, à trouver de logique à ce que je ressentais. Si vous traversez une telle période je ne peux que vous dire d’échanger, de parler et de déculpabiliser. Je n’ai pas de recette miracle si ce n’est que le temps rend les choses beaucoup plus agréables.

Devenir maman s’est finalement fait très naturellement mais j’ai aussi vécu une grande solitude les premiers mois avec Eyden. Ghiles travaillait beaucoup et tous les jours jusque tard dans la nuit. Ma mère est partie en vacances pendant un mois et demi et on était en pleine canicule sans trop le droit de sortir avec un bébé d’à peine quelques semaines (confinement premier épisode lol). Entendons nous bien, j’adoooore la solitude, vraiment, mais dans les premières semaines où l’on se retrouve à fleur de peau et très fragile j’avoue que j’ai peut être poussé trop loin la femme forte qui maîtrise et qui n’a besoin de personne.

Mon conseil : ALLEZ VOUS INSTALLER CHEZ VOTRE MERE ! Non plus sérieusement, sollicitez toute l’aide que vous pouvez les premières semaines, elles sont décisives pour reprendre confiance en soi et aborder sereinement la maternité et le post partum. 

Renouer avec sa féminité, retrouver sa confiance corporelle, sa sexualité, son corps.

J’ai adooooré voir mon corps changer pendant la grossesse. Vraiment. Mes nouvelles formes m’ont plu dès le départ, j’ai adoré habiller ce corps qui changeait de jour en jour (et vous l’avez bien vu sur insta) je me suis sentie très femme. Je ne me suis jamais posé la question de l’après. Je pensais d’ailleurs récupérer ma taille HYPER VITE. A vrai dire, j’ai toujours été mince (voire très mince), je ne me voyais donc pas du tout garder mes 17 kilos pris pendant la grossesse très longtemps, un peu comme les nanas d’insta qu’on voit poser en bikini à J+7 en mode « a baby ? Where ? When ? ».

Ahhh comme je me trompais ! Je ne sais pas pourquoi je pensais que réussir son postpartum ne consistait qu’en la perte du poids pris pendant les 9 mois. En fait si je sais, car c’est comme ça qu’on juge si une femme réussi son post partum ou pas. Mais il n’y a tellement pas que ça … et en même temps c’est tout ce qu’on voit et surtout c’est tout ce qu’on dit aux nanas qui accouchent « WAAAAAA mais attend t’as vraiment eu un bébé y a 2 mois » et là t’as l’impression d’avoir gagné au loto alors que la vérité c’est que t’es restée 2 semaines le dos courbé à pas pouvoir marcher droit tellement la péridurale t’as bousillé le dos. Tu saignes encore un jour sur trois comme un premier jour de règle.  Tu passes la moitié de ta journée à tenter de ne pas pisser dans ta culotte parce que ton périné est tout mou et à bien sécher ta ou tes cicatrices d’épisiotomie pour éviter l’infection. Glamour hein ?

Mais là encore il faut faire illusion, quelle pression franchement et je n’y ai pas échappé, pas du tout.

On ne montre pas tout sur les réseaux et si j’ai vécu une belle grossesse, je vous l’ai déjà dit, j’ai complètement craqué à la fin et la peau de mon ventre ne m’a pas suivi ! Je sortais donc de mon accouchement pas mal amochée côtés vergetures. Je savais que je ne pouvais pas faire grand chose concernant mes marques mais je savais que si je voulais je pouvais retrouver mon ventre.

On nous dit souvent qu’il faut accepter de voir son corps changer, que les kilos pris sont des kilos d’amour et qu’il ne faut pas forcément chercher à retourner en arrière. Et pourquoi ? Ça ne veut pas dire qu’on regrette notre grossesse ou qu’on aime moins notre enfant. Si c’était à refaire, je referai tout pareil vergetures incluses lol. Mais je suis aussi libre de dire que je veux rentrer de nouveau dans mon 34 et me sentir belle et ferme en sous vêtement.

Comment faire alors ? Quelle a été mon retour ? Quand ai-je vraiment vu mon corps changer et reprendre la forme que je lui connaissais avant ?

J’étais très loin de mes objectifs de remise en forme. La vie a complètement pris le dessus, le boulot, la maison, le déménagement, les travaux, ma boite.. j’étais à des kilomètres de m’occuper à rentrer dans mon 34!

J’ai donc suivi une courbe de perte de poids assez lente et « naturelle ». J’ai vu un premier gros changement après 4 mois, les hanches commencent à bouger de nouveau et le ventre est bien bien dégonflé.

Le 2e grand palier pour moi, je l’ai vu aux alentours du 9e mois. J’avais alors définitivement retrouvé ma silhouette pré grossesse, mon ventre pré grossesse (la tonicité en moins) mais j’ai toujours quelques kilos (en trop). Je ne souhaite pas revenir à mes 49 kilos d’avant grossesse mais une année après avoir accouchée, il me reste encore 2/3 kilos à perdre pour arriver autour de 52 kilos. Et maintenant que ma situation personnelle s’est stabilisée depuis notre emménagement j’ai une grande confiance en moi et en mon corps : JE VAIS Y ARRIVER. J’ai réussi à faire grandir un être humain à l’intérieur de mes entrailles, les 3 kilos ne me font pas peur (je compte aussi sur le ramadan pour m’aider haha). Mais pour la première fois depuis longtemps et malgré peut être ce que je peux renvoyer, j’aime de nouveau mon reflet dans le miroir … et mes stries sur mon bidou.

Mon conseil : YOU DO YOU. Mais changer est possible. Ma mère, presque 60 ans a perdu 30 kilos et 6 tailles le jour où elle a décidé qu’elle était capable de tout changer. Ce n’est pas facile, ça demande de la discipline et de l’effort, comme tout dans la vie finalement. J’ai laissé faire la vie jusqu’à maintenant, je me suis enfin reposé, j’ai enfin fait la paix avec cette première année post grossesse si riche en évènements et en chamboulements. Le meilleur reste à venir. On va à son rythme, peu importe son âge, le nombre d’enfants. On va arriver ensemble à se revoir dans la glace en sous vêtement et se sentir belle, sexy et féminine. 

Je vous laisse sur ces pensées,

Tendrement,

J.

Les Chroniques du Ramadan #14

On ne pouvait pas réussir son confinement.

Bonsoir à vous,

Très heureuse de vous retrouver ce soir pour parler, cette fois ci, d’un sujet d’actualité que j’ai jusqu’ici presque évité. On est dimanche soir, je ne sais pas comment il se passe chez vous mais à la maison, en temps normal ou temps d’avant, je clos souvent la semaine seule si Ghiles travaille tard de la même façon !

Après avoir passé la journée avec Eyden, je finis sa petite routine du soir pour commencer la mienne : une vraie soirée seule (elles s’apprécient croyez moi) avec un petit takeway (vraiment la flemme de cuisiner le dimanche soir!) avec une série en fond tout en organisant ma semaine à venir : les échéances du boulot et les évènements perso. Mais comme tous les dimanches soir, il y a ce petit blues de la semaine qui finit, petit blues d’appréhension de celle qui commence en ne sachant pas quelles surprises elle peut détenir.

Mais depuis maintenant deux mois il n’y a ni dimanche ni lundi car même si le travail continu, il déborde tellement sur la vie personnelle et vice versa qu’il n’y a ni moment de calme ni période de réflexion et encore moins de planification pour les jours et les semaines à venir ! On a cessé de parler de l’avenir tellement on est empétrés dans le temps présent comme bloqués dans un espace spacio temporel aussi incertein que vraiment chiant !

Mais en ce dimanche 10 mai, on rêverait presque à planifier des dîners, des retrouvailles, des vacances aussi peut être et quelque part (et je parle pour moi), les cases de mon cerveau reprennent un peu leur place et la fumée qui sortait de mes oreilles continuellement pendant tout ce temps se tarie un peu. Les gens moquent souvent la routine. Son installation dans la vie représentant pour eux, la fin de tout fun dans la vie. La vérité c’est qu’elle n’est pas aussi chiante qu’elle n’y paraît. Avoir des repères aussi sporadiques et étendus dans la semaine soient ils nous permettent tout simplement de … se relaxer et franchement, on en a grand besoin non ?

Je reste persuadée qu’on ne pouvait pas réussir son confinement. Chez la majorité d’entre nous, il y a eu la phase tri, rangement, travaux, jeux, activités manuelle, pâtisserie, découvertes culinaires… bref pour tout le monde ou presque, ce confinement a été la course à la productivité ou comment réussir son enfermement, exceller dans une situation subie, positiver à tout prix. Pour d’autres, il s’agissait juste de survivre à cette période si particulière entre solitude subie ou vie de famille compliquée, ce dernier dimanche confiné à des airs de libération de l’esprit.

Comme on ne pouvait pas réussir son confinement, je vous le dis d’avance, on ne pourra pas réussir sa sortie ! N’allez pas à l’encontre de vos instincts, ne cherchez pas forcément à rattraper à tout prix le « temps perdu » c’est la seule chose au monde qu’on ne saurait faire. N’en faites pas « trop » au risque d’avoir des regrets, ne cherchez pas à tout prix à retrouver « la vie d’avant », elle n’existe plus vraiment et c’est tant mieux, qui cherche à reculer ?

Bien sûr et comme tout le monde je pense, on a une longue liste de choses à faire et de personnes à voir, on prendra le tout une tâche à la fois, un jour à la fois le tout sans se presser ni s’opresser  Bien sûr, je suis certaine qu’il arrivera un jour où on oubliera même toutes les restrictions que l’on vient de vivre. Mais le ramadan nous permet là aussi d’aborder ce déconfinement doucement, un jour à la fois, un ftour à la fois, il ralenti notre rythme, nous recentre sur l’essentiel et nous protège des excès. On voudrait presque qu’il ne se termine pas tellement il a été doux jusqu’ici (le Ramadan pas le confinement) mais je suis sûre que, comme moi, vous êtes heureux de pouvoir enfin partager vos tables avec vos êtres proches.

En attendant une nouvelle chronique,

Je vous embrasse

J.

Les Chroniques du Ramadan #13

Bonjour à tous !

En petit follow up de mon article d’hier sur la nécessité d’être toujours bien présenté, je vous fait une petite sélection de tenues de l’Aid. Sélection dont je vais grandement m’inspirer pour shopper ma petite tenue et celle d’Eydoun !

J’ai de très très beaux souvenirs de la préparation du jour de l’Aid ! A la veille des 10 derniers jours, mes parents nous réunissaient dans le salon pour nous présenter nos petits habits de lumière. La veille, ma mère venait nous déposer sur une chaise nos vêtements. J’avais souvent une robe d’ailleurs, elle trônait fièrement avec une paire de collants, mes nouvelles chaussures et de nouveaux élastiques pour mes cheveux. Rien n’était laissé au hasard !
Autant vous dire que c’est une tradition que je ne me suis pas faite prier de renouveler !

Sans plus attendre, ma petite sélection d’habits de lumières. Je trouve que c’est l’occasion parfaite d’investir dans une pièce qui va durer longtemps et qui vous rappellera pour des années cette belle journée !

Maje 

Qualité exceptionnelle, pièces intemporelle, si vous vouliez craquer, c’est bien le moment puisqu’il y a des ventes privilèges jusqu’à 50% !

Maje_MFPRO01083-10_H_1
206€
Maje_MFPRO01125-0515_H_2
206€
Maje_MFPRO01116-0020_H_1
192€
Maje_MFPRO01130-0515_H_1
136€

 

Chez Sandro

Même combat chez Sandro, des petites pièces uniques, intemporelles et d’une qualité folle, parfaites donc pour une occasion comme l’Aid. Profitez des mid season sales pour shopper des pièces à « petit » prix parce qu’on se le dise mettre 300€ dans une robe, on y va pas non plus mais ce sont des enseignes qui font souvent des rabais et dont les soldes sont hyper intéressantes alors on fonce dans ces cas là !

Sandro_SFPRO01033-401_V_1
196€
Sandro_SFPRO01128-84_V_1
236€
Sandro_SFPRO00944-11_V_1 copie
162,5€

 

Chez Asos 

Je ne sais pas vous mais je m’étais grandement lassée du shopping sur Asos. Ils ont fni par adopter le même système de sur-réductions tout le temps comme Boohoo et Missguided ou encore Nastygal et je trouve que ça a rendu le site très cheap. C’est dommage on y trouve quand même toujours quelques pépites en fouillant bien !

Une petite sélection de robes longues qui font très évènement classe d’été, parfaites pour l’Aid !

6
49€
5
56€
4
53€
3
48€
2
77€
1
70€

 

Chez Boohoo

Je finis avec un site que je n’ai plus l’habitude de vous présenter tellement j’en ai fait une overdose sur les réseaux et tellement j’en avait été déçue quand j’avais fait une grosse commande enceinte (vous vous souvenez la qualité -10000 des vêtements ?). Je vous en propose néanmois deux modèles vraiment pas chères qui semblent sympa mais dont je ne garantie pas la qualité !

BOOHOO
25€
BOHOO
22,5€

 

COTÉ BÉBÉ

Ahhhh quel kiffe de pouvoir transmettre cette tradition de l’habit neuf pour l’Aid à mon petit prince de ma vie ! Je traine du coup essentiellement sur ZaraKids depuis quelques jours et mamaaaa quelles petites merveilles j’ai trouvé !

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J’espère que cette petite sélection vous aura plu ! Si vous êtes en pause aujourd’hui c’est l’occasion d’aller un peu trainer sur les e-shop en rêvant à ce qu’on va pouvoir fièrement arborer une fois dehors !

Je vous embrasses,

Soyez beaux et prenez soin de vous

Tendrement,

J.

Les Chroniques du Ramadan #12

De l’importance de sentir bon !

Ça y est ! Vous êtes en train de vous dire que c’est officiel, Jihed on l’a perdu à tout jamais !! Non mais vraiment, ce sujet est hyper sérieux.

Vraiment.

Je vous jure.

Plus jeune, on m’a souvent tanné avec la superficialité de l’univers de la beauté extérieures, de faire attention à ce à quoi on ressemble, à ses fringues.. Il y avait un dictat assez culpabilisant autour du fait du « prendre soin de soi » pour se sentir déjà bien mais aussi jolie car c’était bien trop souvent associé à la séduction, au désir malsain de plaire à la gente masculine et ça nous était bien évidemment INTERDIT #harampolice.

Personnellement et depuis toujours, j’ADORE voir les gens beaux. Et ce critère de beauté n’a jamais été objectif et dicté par de quelconques standards. Bien au contraire. Tous les gens qui avaient un style, mais n’importe lequel, assumé, revendiqué, qui prenaient le temps d’accorder leurs affaires, les imprimés, les couleurs, qui faisaient un effort sur leur coiffure, sur leur présentation de façon générale ça me laissait béate. J’adorais.

Et si je pousse mon travail d’introspection encore plus loin, mon propre sens du style et de l’effort de l’enveloppe, appelons ça comme ça, me vient de mes parents.

Je ne les ai jamais vu, aussi bien mon père que ma mère, sortir de la maison de façon négligée. Jamais. Et pour cause, mon père ne manquait pas une occasion de nous rappeler que l’hygiène mais également le respect de ses habits, de bien faire attention à être toujours propre sur soi et toujours bien habillé, bien parfumé (bref un peu stylé même si ça n’a jamais été évoqué dans ces termes) faisait intégralement partie de notre devoir de musulman et de la bonne représentation du croyant.

Quand il évoquait l’habit de ce dernier, mon père n’évoquait pas une « tenue type du musulman » peu importe ce qu’on trouve derrière cette appellation mais bel et bien la tenue de façon générale. « On se doit de toujours être carré, dans sa coiffure, dans ses habits, dans sa façon de se tenir ».

Encore aujourd’hui on nous saoule un peu trop sur la façon dont on choisit nous même se présenter au monde, de traiter cette enveloppe, de la mettre en valeur, de se sentir bien dedans. J’ai envie de vous dire ce soir : TRAITEZ VOUS COMME DES REINES.

Mettez des habits de lumière tous les jours, sentez bons matin midi et soir, prenez soin de votre peau, de votre chevelure, de votre corps. Sculptez vous cette silhouette qui vous fait tant rêvez et arborez la fièrement, sublimez-vous tous les jours de votre lingerie à vos doigts de pied, soyez belles et fières, vous nous faites toutes honneur quelle que soit la façon dont vous voudrez vous présenter à nous. Vous n’êtes ni obligé de trop vous dévoiler pour briller et vous n’êtes pas obligé de vous cacher pour exister. Vous déprécier physiquement ne servira qu’à faire grossir l’orgueil des vaniteux et à conforter les petits.

Brillez mes soeurs, qui que vous soyez et ne laissez personne éteindre votre lumière.

Je vous dis presque à tout de suite pour un follow up de ce que je vous dis là avec une petite sélection d’habits de lumière pour l’Aïd. Qui dit premier tiers du Ramadan passé dit déjà préparation de notre belle fête !

Je vous embrasse,

J.

Les Chroniques du Ramadan #11

Juger les gens, c’est vraiment nul. 

Ohhllaaaaa bah dis donc, on enfonce des portes ouvertes ce soir ? Oui. Parfois, il est quand même bien bon de rappeler les évidences non ?

Je ne vais pas parler des trolls d’internet, il n’y ni espoir ni rédemption pour tant de haine gratuite. Aujourd’hui j’ai envie de vous parler d’un mal qui nous ronge aussi et qui fait beaucoup de dégâts sans qu’on en soit véritablement conscient.

Malheureusement, avec la croyance, la spiritualité, la pratique ou ce que vous voulez, on tombe facilement dans l’écueil de croire qu’on détient la vérité absolue et que celle-ci permet, parfois même justifie le fait de juger, souvent sévèrement, d’humilier sous couvert du rappel et j’ai beaucoup de mal avec tout ça.

Admettons que le chemin de la vie soit unique comme le prétendent souvent ses « rappeleurs », le fait d’être plus avancé sur ce chemin ne justifie pas qu’on attache ceux qui sont derrière par les cheveux en  les trainant dans la boue, en les blessant sur les cailloux du chemin pour les ramener à son niveau. Vous aurez alors des gens qui peut être se tiennent près de vous mais qui porteront physiquement ou intérieurement toutes les blessures de ce que vous leur aurez fait subir.

Je suis si dure et si sèche dans mon observation parce que je l’ai vécu plus d’une fois : le jugement des bien penseurs, des plus pieux, des « grands frères » (qui sont souvent d’ailleurs des grandes soeurs ou des tantines) au sens large qui ne te connaissent que par ton enveloppe.

Dans la croyance on ne tolère pas la différence, ce n’est malheureusement plus la règle, c’est l’exception, cette belle tolérance. Il n’y a pas deux pratiques, si vous n’êtes pas dans le vrai vous êtes donc exclus. Et si vous subissez le jugement de vos pairs, souvent dur, injuste, blessant, j’ai envie de vous dire ce soir de … patienter sans vous laisser marcher dessus.

Ce soir je ne m’insurge pas, je ne veux pas qu’on crée de conflit ou qu’on cherche à se faire entendre, qu’on cri plus fort que l’injustice qu’on subit. NON. Ce soir, on patiente. Certains se rendront compte, avec le temps,  d’autres pas, mais vous ne les voulez pas dans votre vie, croyez moi.

L’année où j’ai lancé ce blog, j’ai voulu aussi m’engager à dispenser un accompagnement personnalisé en langues pendant un séjour. Je me suis vite fait « convoquer » par les organisateurs de ce séjour, des gens que je connais bien et personnellement depuis très longtemps. Pendant une petite heure, je me suis entendu dire pourquoi ils refusaient mon bénévolat. En somme, ils craignaient que je donne le mauvais exemple aux jeunes à qui je dispenserai des cours. Ils craignaient que je ne débauche des jeunes filles par ma présence car cette dernière légitimerait la débauche que je représente et que je plébiscite via le blog – ( qui était très mode au départ). J’y mets beaucoup de forme comprenez « tu es une débauchée qui ne partage pas nos valeurs pieuse, nous ne pouvons risquer que tu entraines avec toi une jeunesse non corrompue ».

Quand j’y repense, j’ai encore une boule au ventre. J’avais honte, je n’arrivais pas du tout à croire ce qui m’arrivait. Pire encore je devais acquiescer à leur constat et me justifier car, religieusement, ils détenaient la vérité, ils étaient plus loin que moi sur le chemin unique donc « quand même, au fond Jihed, tu sais qu’on a raison ».

Ce soir j’ai donc deux messages. Si un jour, vous vous retrouvez dans la même situation que moi pour x raisons, dites simplement que vous ne tolérez pas qu’on s’adresse à vous ainsi. Coupez court la discussion. Vos interlocuteurs ont le droit d’être en désaccord avec vous mais n’ont pas le droit de vous manquer de respect, d’insulter votre existence, vos valeurs et votre personne gratuitement. ils ne sont pas l’oxygène que vous respirez et ne sont donc de fait pas essentiels à votre vie. S’ils veulent en faire partie, ils doivent passer outre, sinon, boy or girl BYE et peut être à la revoyure.

Si jamais il vous arrivé d’être à la place de la personne qui, par bienveillance, par amour ou par égo se fait la mission de remettre les brebis égarées dans le droit chemin. ARRETEZ, stop. Vous faites 100 fois plus de mal que vous ne faites de bien. On n’a jamais mieux influencé ou guidé, des gens que par l’exemple. Si vous prônez la tolérance et l’acceptation, faites le. Si vous prônez la gentillesse, soyez le, Si vous prônez l’amour de votre prochain, aimez et fermez là. Ce n’est jamais par le rejet ou l’humiliation que vous guiderez les âmes que VOUS jugez perdues. Taisez-vous, aimez-les, patientez, soyez là, laissez les fleurir vous gagnerez le respect de votre pair et peut être même, les changements que vous espériez tant.

Quoi qu’il en soit, sachez qu’on est jamais tout à fait dans le vrai, surtout quand on touche à la subjectivité de l’autre et à la complexité d’une personne qui n’est tout simplement pas soi-même.

Je vous quitte sur ces mots,

Je vous embrasse et vous dis à demain pour une nouvelle chronique !

Tendrement,

J.

Les Chroniques du Ramadan #10

5h45 le réveil sonne, à tâton et à moitié endormie, je l’éteins vite vite vite. Ouf, Eyden ne s’est pas réveillé, si je la joue bien, j’ai un petit quart d’heure devant moi pour prendre une douche et peut être même lancer un café avant la longue tétée du matin.

Sur la pointe des pieds comme un ado qui a fait le mur je descends les escalier en priant très fort pour qu’il ne se réveille pas. J’ai une petite pensée pour toutes les fois où je me suis levée en pleine nuit chez mes parents pour aller fouiller dans le frigo en essayant de ne pas me faire prendre. 15 ans après, même histoire sauf que je me cache de mon fils !

Il finit par me faire ses petits cris de faim quand j’allume ma Nespresso, bon, il va pouvoir attendre 30 secondes ! D’ailleurs, Ghiles est déjà allé le chercher. Je sens bon, j’ai les cheveux propres ET j’ai réussi à boire une gorgée de café chaud avant de prendre Eyden dans mes bras. Ça va être une super journée! Bah quoi, il en faut vraiment peu…

Ce matin je prends mon temps mais je finis TOUJOURS pas courir : préparer ma lunchbox, ne pas oublier mes copies corrigées sinon mes élèves vont encore gueuler, prendre le chargeur de l’ordi, mes petits sachets de tisane, un mug et surtout de la monnaie pour les cappuccino dégueu de la machine mais il me faut bien ça pour tenir toute la journée !

7h : je démarre la voiture, le morning de swigg comme tous les matins, les seuls qui me font mourir de rire et à chaque coupure pub France info. Et comme chaque matin, malgré toute l’avance que je prends, il y a toujours des idiots sur l’A86 donc, j’arrive toujours ric rac. Passage au casier, 2e café de la matinée, il est même pas 8h, j’ai lâché pas moins de 30 « Helloooooow / good morniiiing » avant que mes 33 élèves la tête dans les chaussettes s’installent à leur place.

La matinée passe tranquillement, travaux de groupe, lecture de texte, parfois une interrogation, un exposé. A midi, j’appelle maman pour prendre des nouvelle de ma petite tornade. Sans faute, tous les jours, elle m’envoie une petite photo ou une vidéo.

Bien sûr comme c’est cliché mais que c’est vrai il y a toujours un ou deux gossips à rattraper à la machine à café ou devant nos casiers « mais arreeeete Jihed tu connais pas la meilleure » « Non mais dis moi ». Call me superficial mais j’adooooore, j’ai tellement peu eu l’occasion de rester longtemps à la même place que cette année je savoure, presque deux ans dans les mêmes couloirs et des collègues adorables. La salle des profs n’est finalement qu’une reproduction un peu plus (mais pas beaucoup) mature qu’une cours de récré pleine de mean girls, d’intellos et de gens qui se prennent un peu trop au sérieux. Moi je ris beaucoup toute la journée, la journée est trop courte pour qu’on prenne trop au sérieux les gossips de bureau non?

L’après-midi s’enchaine aussi, forcément un problème technique au moment de passer une vidéo et une petite improvisation quand je me suis retrouvée pour la énième fois devant une photocopieuse en panne. Bah, avec le sourire tout passe ! Parfois même que ça passe beaucoup mieux que quand tu bachotes une leçon pendant des jours…

En remontant dans la voiture, je sais que les idiots de l’A86 du matin seront toujours là ce soir… Je prends mon mal en patience et j’en profite pour passer des coups de fils important, d’autres moins !

Quand j’arrive enfin pour récupérer Eydoun, bien souvent, il s’en fiche ! J’en profite pour prendre un café chez maman tout en me plaignant de mes élèves, de mes copies, en énonçant de demi milliard de trucs qu’il nous reste encore à finir à la maison !

Cette journée et bien d’autres, me parait tellement loin après avoir passé près de 50 jours enfermés à la maison mais la narrer ici m’a fait beaucoup de bien. Retrouver du confort dans la normalité. On nous martèle depuis des jours que la vie ne sera plus jamais comme avant. Je pense qu’on a bien compris et, comme toujours, on s’adaptera. Je refuse néanmoins de mettre une croix sur « la vie d’avant ». Elle avait ses défauts : rythme trop effréné, tout allait trop vite tout le temps… Mais elle avait aussi ses bons côtés qu’on ne pensait jamais perdre : la spontanéité mais aussi la routine et certaines évidences : il n’y avait jamais de queue pour entrer chez Carrefour, l’essence était beaucoup trop cher et on ne réfléchissait jamais à deux fois avant d’inviter les copains à la maison.

Remémorez-vous vos petites journées d’antan, on ne sait pas quand, ni exactement comment mais on y reviendra un jour…

En attendant, prenez soin de vous,

Tendrement,

 

Les Chroniques du Ramadan #9

De l’importance d’avoir des buts inateignables (du moins à première vue). 

Hello !

Très heureuse de vous retrouver ce soir pour une nouvelle chronique! Ce soir j’ai envie qu’on parle de rêve et d’avenir. Tout comme hier, partons d’un dicton populaire « il faut toujours viser la lune ». Oui mais pourquoi ? Comment ? A quoi bon ? Pour avoir quoi ? Ce soir on essaie de répondre tout en vous partageant les fois où ça a réellement fonctionné pour moi.

Comme pour beaucoup de choses, cet article, je pourrai continuer de me l’appliquer car j’ai encore beaucoup à apprendre et je continue malheureusement pas mal l’auto-censure mais c’est un process, il faut, de temps en temps, jeter un oeil derrière soi pour voir le chemin accompli plutôt que de ne fair attention qu’à la montagne des choses qu’il reste à faire!

Alors pourquoi vouloir est-ce si important de se fixer des objectifs complètement loufoques et, à priori, hors de sa portée ? Tout simplement parce que ce que nous pensons être en dehors de notre spectre des possibles ne l’est jamais vraiment. Cette idée et cette perspective, lorsqu’on la comprend véritablement fait très peur car elle ouvre tout un champ des possibles qui peut nous donner le vertige si on ne se discipline pas. D’ailleurs, bien souvent, nous n’accomplissons pas… pas par manque de moyen ou de force de réalisation mais bien souvent parce que nous sommes en mesure de le faire.

Dans le film Coach Carter (mon préféré d’ailleurs je connais les dialogues par coeur), un discours de Nelson Mandela est repris ainsi :

Notre peur la plus profonde n’est pas d’être inapte, notre peur la plus profonde est d’avoir un pouvoir extrêmement puissant. C’est notre propre lumière et non notre noirceur qui nous effraie le plus. Nous déprécier ne servira jamais le monde et ce n’est pas une attitude éclairé de se faire plus petit qu’on est en espérant rassurer les gens qui nous entourent. Nous sommes tous conçus pour briller comme les enfants. Cette gloire n’est pas dans quelque uns elle est en nous et si nous laissons notre lumière briller nous donnons inconsciemment aux autres la permission que leurs lumières brillent. Si nous sommes libérés de notre propre peur notre présence suffit alors à libérer les autres.

Sauf que cette gloire, cette lumière, ces passions, ces rêves s’éteignent peu à peu à mesure qu’on grandit, par nécessité, par survie, par pression.. peu importe en fait et on fini petit à petit de ne plus croire qu’on est capable de renverser des montagne et de mettre en bouteille l’écume de la mer.

Sans aller dans des extrêmes j’aimerais ce soir que vous pensiez à quelque chose que vous avez vraiment envie de faire. Je veux que vous y pensiez fort, très fort sans barrière, sans « mais » sans « avant de pouvoir ». Vous le visualisez et vous l’écrivez sur une feuille.

Ça fait 15 ans que mon père me tanne avec l’accession à la propriété. La vérité, c’est que je n’y croyais pas pour moi. C’était impossible, les gens qui étaient propriétaire gagnaient soient des dizaines de milliers d’euros par mois, soit avaient été aidé dans le process par leur famille au point de ne rien engager seuls. Je n’étais ni dans un cas, ni dans l’autre. Ce n’était pas pour moi. La vérité c’est que je n’ai pas pris le temps de me renseigner, je me suis enfermée seule dans cette idée d’exclusion. Tout ça a changé quand un professionnel de l’immobilier m’a dit que c’était possible. Il a fallu une heure de discussions et de modélisation. Je suis une grande cartésienne, j’ai besoin de voir les choses, tout devant moi avec des schémas, des probabilités. Bref pendant une heure et en modélisant tous les facteurs de notre vie, il m’a prouvé par A+B que c’était possible. Mieux encore, il m’a même dit quel était notre budget d’achat.

Entre cette conversation et notre remise de clé je pense qu’un an et demi s’est écoulé mais… l’idée avait fait son chemin. Ok, donc l’idée de départ était là. Maintenant on prend cette idée que vous avez modélisé sur un papier et on la muliplie, on la rend encore plus importante. Pour moi, elle consistait à acquérir un appartement un peu similaire à celui qu’on louait, ni trop petit, ni trop grand. On a aggrandi cette idée, on ne savait pas comment ni quand ni où mais on achèterait une maison ou rien.

Prendre un rêve, le plus grand et le plus lointain possible et commencer à travailler.

Sans le savoir, toute notre énergie était alors tournée, presque inconsciemment vers ce rêve. On savait ce qu’une maison nous couterait par mois, on l’avait écrit noir sur blanc et petit à petit, l’idée s’est installée, le rêve si lointain nous a paru réalisable. Petit à petit encore, les offres ont commencé à concordé, on a sauté le pas des visites, jusqu’à trouver cette maison depuis laquelle je vous écris cette chronique.

L’achat immobilier n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Le message ici c’est qu’au stade de la volonté, du rêve, de l’objectif, il ne faut JAMAIS restreindre sa pensée.

Vous voulez voyager 6 mois, planifiez pour une année, vous voulez changer de voiture dans 3 ans, arrachez vous pour le faire dans l’année. Vous voulez un sac de luxe ? Visez la collection de 100 pièces. Rien n’est trop grand, trop beau, trop brillant au moment du rêve, si vous limitez vos prospects alors que l’idée ne s’est pas encore installée dans votre esprit, elle ne se matérialisera jamais.

Ce soir, en fermant cette fenêtre, je veux que vous rêviez, que vous écriviez ce truc inavouable que vous ne pensiez jamais réaliser. Ecrivez le sur un papier et regardez le tous les jours. Vous seriez surpris de constater ce que vous êtes réellement capable de faire une fois débarassés de la peur du jugement, de votre honte de ne pas concrétiser ou de la censure que vous vous appliquez au quotidien.

Promettez moi juste qu’au moment de partir pour ce voyage de vos rêves, de passer le pas de votre maison nouvellement acquise ou toute autre chose, vous regarderez juste un peu en arrière et vous vous féliciterez d’avoir un jour osé rêvé.

En attendant la chronique de demain,

Avec tendresse,

J.

 

Les Chroniques du Ramadan #8

Bonjour à tous ! 

On nous a dit un demi milliard de fois qu’on ne pouvait pas savoir où on allait si on ne savait pas d’où on venait. Et si derrière toute cette démagogie, il y avait un petit bout de vérité ?

J’en reviens (encore et toujours) à mes parents. Pendant longtemps je n’ai jamais osé demander « pourquoi, comment, est ce que c’était facile, pourquoi ici et pas ailleurs, vous auriez fait les choses différement si vous aviez su? ». Bref, tout un tas de questions sur leur vie à eux, leurs choix pour eux, pour nous, leurs envies, leurs regrets aussi.

Je n’avais jamais osé parce discrétion est le maître mot de mes parents. Moins on en dit sur soi, mieux on se porte et quoi qu’il arrive, il ne faut pas discuter les décisions, elles sont toujours prises pour notre bien même si on ne le voit pas de suite. J’ai donc grandi avec cette idée que mes parents avaient une clairvoyance incroyable dans l’avenir et que c’était un peu injuste parce que je méritais aussi peut-être de me tromper un peu.

A ce sujet, mon père m’a dit un jour et bien plus tard « Elever des enfants est probablement la chose la plus difficile au monde, il faut essayer de doser justement ce qu’on veut leur transmettre sans les accabler de nos propres déceptions ou traumastimes, avec des valeurs ou des acquis qui seront peut-être désuets tout en les préparant et en les armant à vivre dans un monde qui n’existe pas encore, dont on ne connaît donc pas les règles« .

Aujourd’hui, quand on en discute assez librement, ils me disent la même chose : « on ne savait pas tout à l’époque même s’il fallait qu’on fasse comme si, on ne pouvait pas se permettre d’être faillible. Mais tout le monde l’est et comme tout le monde, il a pu arriver que l’on se trompe, on a fait de notre mieux ». Et je sais que c’est le cas de l’immense majorité de nos parents. Immigrés ou non, unis ou pas, ils ont fait de leur mieux.

Du coup, comme le dictat du silence mais à vrai dire c’était celui de la protection « On a voulu vous laisser le choix, grandir en appartenant à ce pays, apprendre votre culture et vos racines c’est vrai mais ne jamais vous les imposer » est terminé, je rattrape ces 3 décennies en posant toutes les questions qui me viennent à l’esprit et je vous le dis ici en avant première. Si jamais un jour, j’écris un livre, ce seront les histoires que mes parents m’ont raconté qui y figureront pour sur.

Plus que des histoires, j’ai appris à les connaître à travers elles, à comprendre certains choix qu’ils ont fait, certaines craintes qu’ils avaient.

  • Comment, lorsqu’on a été pris à parti et presque chassé de son propre pays pour ses idées de liberté, accepter qu’on s’expose gratuitement aux sentiments et aux récupérations de tous sur les réseaux sociaux ?
  • Comment, lorsqu’on a mis près de 40 ans à construire quelque chose à son propre nom, sur un petit bout de terre, comprendre et accepter que ses enfants dépensent sans compter dans des denrées périssables comme si demain était une certitude.

Je sais que dans ces petits exemples et beaucoup d’autres, vous vous reconnaissez aussi et c’est aujourd’hui avec beaucoup de recul et de tendresse que je repense à certains échanges durs, houleux à essayer d’imposer MA vérité sans comprendre que la réaction qui m’était donnée en face, provenait elle aussi, d’UNE vérité, juste différente.

Aujourd’hui, tous nos coeurs sont apaisés. On a appris, d’une part et d’autre à  se dire « on est pas d’accord mais je t’aime quand même », « Peut être as tu raison, mais je n’arrive pas à le voir encore, laisse moi un peu de temps et attendant, accompagne moi mais ne m’interdis pas ».

Tous ces petits verbatims sont tournés vers l’acceptation de la différence d’opinion, vers le respect et la tolérance tout en soulignant qu’on peut être différents et s’aimer quand même. On peut avoir quelqu’un qui, à nos yeux, fonce dans un mur et ne pas rompre les liens  pour autant. On se doit, d’être dans la demie-mesure et toujours dans la bienveillance. On ne sait pas quand on sera nous mêmes en train de foncer dans ce mur et il me semble bien utile qu’on soit dans ce cas, entouré, plutôt qu’abandonnés… non ?

Voici le petit bout de réflexion pour ce soir, entre générations passées et futurs. Adoucissons les tensions antérieures si ce n’est pas encore fait.

En attendant la chronique de demain,

Prenez soin de vous ♥️

J.

Les Chroniques du Ramadan #7

De l’importance du voyage

Oulaaa… dans quoi me suis je embarqué à vous parler de voyage ce soir ? Je pourrai y passer des heures, chaque expérience est différente, chaque enseignement incroyablement singulier.

Si je devais commencer à voyager maintenant, je pense que je serais incroyablement frustrée du dictat de l’expérience parfaite de voyage, du cliché parfait, de l’hôtel parfait même s’il est vrai que créer du contenu photo en voyage est quelque chose que j’adore faire.

Du coup, ce soir, je voulais vous parler de mes premières expériences de voyage, souvent gratuites ou peu couteuses, elles rassemblent parmi mes plus beaux souvenirs et mes meilleures rigolades et aujourd’hui, j’ai grande envie de revenir vers ce genre d’expériences.

En 2008, j’ai 17 ans et mes parents m’offrent ma première partie du BAFA pour mon anniversaire. Je pars donc pour 8jours de formation à Mortroux dans la Creuse (je vous jure ça ne s’invente pas). Si vous passez le BAFA, je vous en conjure, ne le faites pas pendant les petites vacances dans les locaux de votre lycée. Inscrivez-vous loin, très loin et partez en internat rencontrer des personnes que vous ne connaissez ni d’Eve ni d’Adam.

Avant cette expérience, je n’étais jamais partie seule hormis quelques voyages scolaires qui avaient déjà beaucoup piqué mon envie de prendre le large. Cette respiration, à 17 ans, d’une super éducation mais un peu étouffante pour mes goûts de trop grande liberté, je la désirai comme jamais je n’avais voulu quelque chose avant et ça a été une révélation incroyable.

Je m’en souviens comme jamais. Nous finissions la session sur un gros projet d’animation et avec quelques filles de la session : Sophie, Boye, nous avions décidé de partir pour une randonnée en vélo de 25km et de passer une nuit en camping. J’avais décidé de partir au sein même de mon voyage. C’est vous dire si mon désir d’évasion n’était pas grand !

Je pense sincèrement n’avoir jamais autant ri de ma vie mais encore plus, j’ai appris pour la première fois à me débrouiller toute seule, à ce que personne ne vienne nettoyer mes galères pour moi, j’ai appris à devenir ma propre personne sans qu’on me dise quoi faire, quoi porter, quand sortir. Après avoir grandi avec les mêmes personnes, avoir eu les mêmes amis depuis ma naissance ou presque, avoir côtoyé toujours les mêmes têtes j’ai appris aussi à me faire des amis de nouveaux et surtout à voir qui j’étais au travers de mes nouvelles relations et je me suis envolée.

A peine de retour de cette semaine de formation que je postulais déjà pour partir en colo en tant qu’animatrice près d’Annecy pour deux semaines. Nous étions trois dans l’équipe et nous avions .. 0€ de budget et j’ai passé des moments absolument incroyables. Si incroyables que 12 après, je suis toujours en contact avec certains de mes colons !

Ces deux expériences d’émancipation vécues avant même d’être majeure m’ont fait grandir d’une décennie. L’été précédent j’étais encore une petite fille qui partait en vacances dans les jupons de ses parents, complètement dépendante moralement et financièrement à demander la permission pour absolument tout !

Cet été là, j’ai découvert le voyage, la liberté qui allait avec et la responsabilité qui n’était jamais très loin derrière. Mes parents ont été stricts toute ma vie mais il m’ont offert un sacré envol le moment venu et ne m’ont plus jamais bloqué après. Le fait que je parte travailler les rassurait beaucoup, moi j’étais beaucoup trop contente de partir tout court!

J’étais toujours sans le sous mais j’avais alors la possibilité d’allier voyage et revenus. A toutes les vacances scolaires depuis mon années de terminale, je partais en colo gagner mon indépendance financière et surtout de nouvelles expériences, de nouvelles rencontres, de nouveaux amis avec un gout pour l’aventure qui grandissait encore et encore.

Loin des chambres d’hôtel instagrammables (on ne savait même pas encore ce que ça voulait dire), du fait d’acheter des fringues juste pour partir et « faire des looks » et d’organiser des shoots toute la journée, ma seule préoccupation était de partir. Je me sentais si bien étant loin, j’apprenais à me construire et à faire le tri entre ce qu’on m’avait transmis et ce que je voulais vraiment pour moi. Et c’est précisément ça que je veux vous transmettre ce soir. D’abord, en terme de voyage, faites les choses pour VOUS et pas pour les belles photos que vous pourriez faire. Secundo, croyez moi, on a pas besoin de rouler sur l’or pour faire de beaux voyages hyper dépaysants. Tertio, PARTEZ beaucoup, loin, longtemps et à répétition. N’attendez pas une amie pour partir ou d’être marié pour faire tamponner votre passeport. On apprend jamais autant sur soi que lorsqu’on est coupé de tout ce(ux) qu’on connait et souvenez-vous que plus on se connaît, plus on apprend à s’aimer. Plus on s’aime et on s’accepte tel qu’on est, plus on est en paix, prêts et disposés à faire entrer des gens dans sa vie pour nouer de belles relation durables et saines!

A votre tour ! Racontez moi le tout premier voyage que vous ayez fait seul, celui qui vous a changé à tout jamais!

En attendant une nouvelle chronique,

Prenez soin de vous

J.

 

 

 

 

 

Les Chroniques du Ramadan #6

Ce soir, on voyage dans le temps !

Pour la 6e chronique de ce mois (déjà une semaine demain vous y croyez ?!), je voulais vous emmener dans mes souvenirs d’enfance, les miens d’abord et ceux de ma famille demain !

Nous sommes 6 à la maison. Mes frères, mes parents et moi. Enfin… ça fait bien longtemps que l’on a pas été tous les 6 sous le même toît mais il n’empêche, quelques bribes de souvenirs des repas de famille me reviennent et je voulais les partager avec vous.

Chez nous, le reste de l’année, le repas ne se faisait pas forcément en famille. Maman et papa dînaient souvent de leur côté pendant que mes frères et moi, chacun sa place attitrée, magions dans la cuisine à tous les repas. Mais sitôt le mois du Ramadan commencé, on se retrouvait tous les six dans notre petite cuisine comme si les murs s’étaient subitement poussés. La même cuisine dans laquelle on a, aujourd’hui, du mal à tenir à trois! Imaginez-vous, une grande table, quatre enfants, deux adultes, autant d’assiettes, de bols et de fournées de verres.

Religieusement (littéralement) on attendait le coup de canon à la radio nous indiquant qu’on pouvait enfin rompre le jeûne (que nous ne faisions d’ailleurs même pas à l’époque) mais il était important pour mes parents que ce mois si particulier le soit également pour nous, concernés ou pas directement.

Nous avions une petite radio noire qui rythmait notre dîner. Les petits postes à l’ancienne avec un côté recherche d’onde à la molette et un côté pour recevoir les cassettes de musique de Faïruz. L’émission « fawazir ramadhan » de Radio Orient et son animateur qui recevait des questions ? des témoignages ? accompagnait notre dîner. Mes parents riaient souvent à des blagues en arabe que nous ne comprenions pas du tout (ou pas tellement) et on les rejoignait souvent dans ce rire si communicatif. Mes parents si stricts d’habitude se relachaient souvent pendant ses repas qui restaient pourtant bien ordonnés !

D’abord les dates et le lait (dates que je n’ai jamais réussi à manger jusqu’à mes 20 ans, après que mon frère ai littéralement croqué dans un vers en en mangeant une quand j’étais petite) et surtout ; la salade de baguette : une tranche de baguette sur laquelle on tartine un peu de sauce harissa, on pose deux petits morceaux de pomme de terre cuits à l’eau, un morceau d’oeuf dur, un peu de thon, un petit dé de tomate. Ensuite nous priions ensemble avant d’attaquer ces repas en famille, cette parenthèse dans une année très ou trop rythmée. On finissait systématiquement le repas sur une note sucrée que mon père était allé chercher à Belleville devant un feuilleton tunisien dont nous ne rations pas un épisode et quand on recevait de la visite, on pouvait même espérer veiller un peu autour d’une partie de rami et d’un verre de thé.

D’aussi loin que je me souvienne, c’était ça le Ramadan pour moi, un coccon, mes frères, mes parents et c’est tout. Comme une espèce de trève… Bien sûr, quand on regarde en arrière, on ne voit souvent que les bons côtés de la vie mais j’ai vraiment le sentiment qu’une vraie paix s’installait entre nous tous pendant ces repas partagés et j’ai véritablement l’impression qu’on en a bien profité le temps que ça a duré.

Car quand on a grandit, la vie a vite reprit le dessus. Si vous ne le savez pas, chaque année, le Ramadan se décale d’une dizaine de jour. Ainsi en presque 18 ans, il a eu sur 6 mois différents : on a connu le fait de couper le jeûne en plein cours avec une petite barre de bounty. On a connu le repas à la va-vite entre deux sessions de révision nocturne, on a connu aussi le Ramadan en solo alors qu’on était encore entourés tellement on était pris et la vraie solitude quand part étudier à l’autre bout du monde en plein mois de jeûne (mais ça c’est déjà une autre histoire).

Cette année, à cause de cette solitude imposée alors que nous sommes tous si proches, je me suis retrouvée à repenser à ces moments que j’avais franchement oublié et j’espère que dans 20 ans, on aura réussi à faire de ce mois un moment particulier pour nos petits bouts, nos amis et nos familles…

A vous maintenant, racontez moi vous souvenirs d’enfants pendant Ramadan !

A demain pour une nouvelle chronique !

Prenez soin de vous,

J.