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@benjiwears
Bonjour la famille,
Comment allez-vous derrière vos écrans ? A l’heure où je vous écris ces lignes, je suis toujours enceinte, assise inconfortablement dans le creux du canap en angle de 55 degrés pour pouvoir taper sur les touches de mon ordi entre deux contractions de faux travail et j’ai un mood à jeter à la poubelle.
Oui je sais, je vous ai habitué aux articles positivopositifs mais j’écoutais quelqu’un parler hier de tristesse et dire que c’était une émotion réelle avec laquelle il fallait se poser quand elle était là et pas juste la balayer sous prétexte que les dictats des réseaux sociaux nous forcent à être positifs et au top tout le temps. C’est bien être triste de temps à autre qui nous permet de régler certains problèmes, d’ajuster certains comportements et de faire certains changements pour atteindre le stade suivant, souvent plus léger, plus heureux, plus doux!
A l’approche du Ramadan, j’étais hyper excitée, heureuse, impatiente. Ghiles allait être en congé pour deux semaines, bébé présentait tous les signes d’une arrivée imminente, on allait profiter en nouvelle famille de ces précieux jours à trois. Mais voilà, bien sûr, rien ne s’est déroulé de la sorte ! Les jours ont passé, bébé est visiblement très bien au chaud et l’imminence de son arrivée nous met en position « assis debout », on sort souvent mais pas trop loin – au cas où. On aimerait revenir à nos grandes tables fournies et entourées de nos amis des années précédentes mais j’ai trop peur de devoir abandonner toutes mes préparations en plein milieu pour me précipiter à la maternité. Bref on a un peu l’impression d’avoir mis « pause » sur notre vie tout en voyant le temps passer c’est un sentiment très bizarre avec lequel je ne suis pas à l’aise si je dois être honnête. Bien sûr, tout le monde nous dit de profiter mais à quelques jours de notre due date on est vraiment dans l’inconnu total et le manque de contrôle c’est vraiment pas un concept qui me réussit, je suis comme ça et comme c’est ma première grossesse, l’inconnu de la maternité et toutes les questions sans réponse qui vont avec c’est vraiment l’angoisse totale qui est en train de monter doucement comme une chantilly….
Je commence tout juste à accepter l’idée que bébé arrivera probablement au moment où Ghiles reprendra le travail et faire face à tout ça « seule » me paralyse et me rend très anxieuse, depuis deux jours, je fais quelques crises d’angoisse et à force de rassurer tout le monde autour de moi à base de « oui tout va bien, non je me sens super, oui on attend patiemment, oui on a super hâte », bah je ne m’étais pas rendue compte de l’automatisme de mes réponses et surtout de leur manque de sincérité.
Oui ça va mais je suis terrifiée, j’ai peur d’être dépassée, j’ai peur de ne pas y arriver, j’ai peur de ne pas reconnaître les prémices du travail, j’ai peur de ne pas y arriver, j’ai peur de ne pas aimer mon enfant, j’ai peur qu’on soit complètement perdu, j’ai peur d’être nulle.
Voilà. C’est dit. Et maintenant que c’est dit, je sais qu’il faut aller de l’avant, que la plupart de ces craintes sont normales mais infondées toussa toussa MAIS il fallait que j’y fasse face. C’est important de ne pas passer trop vite sur les moments difficiles ou inconfortables, il ne faut pas les ignorer en pensant qu’il faut tout le temps sourire et faire comme si tout allait bien et même si ce qu’on vit peut paraitre un peu « first world Problem » aka des soucis pas si importants que ça et bien s’ils sont les vôtres c’est qu’ils sont importants.
La question est de savoir comment arriver à surmonter ces petits coups de mou. Personnellement, l’écrire juste ici m’a fait un bien fou. J’ai l’écriture cathartique, certains aiment parler, j’aime écrire. Sortir ses pensées et les coucher physiquement quelque part me permet de me les sortir de l’esprit un peu comme si j’avais une pensine magique (#pottermania). Ensuite, je pense que ne pas être trop dur avec soi aide aussi à aller mieux. Parfois, rien ne sert de se forcer, quand ça ne va pas, ça ne va pas. Mieux vaut perdre une journée à faire des aller retour entre le lit et la boite d’haagen Dazs dans le congelo en regardant Netflix toute la journée plutôt que de se forcer à voir du monde, sourire, et faire comme si de rien n’était. Croyez-moi, quand on fait ça on ne rend ni service à la personne qui subit notre mauvaise humeur quand même, ni à soi!

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J’avais écris ces mots le 17 mai et je ne les avais jamais publié, trop « sombres » et « tristes » vous me connaissez pour ma positivité et mon sourire je n’allais pas commencer à vous faire broyer du noir, si ?
Et en décidant de vous écrire l’ultime chronique de grossesse je me suis dit que c’était bien de vous la mettre à la suite de ce moment et de m’auto répondre sur plein de points ! A la manière d’un petit journal, revenons donc sur les quelques jours qui vont changer notre vie à jamais !
Mercredi 22 mai
Ghiles a repris le travail depuis lundi mais il m’accompagne tout de même à mon rendez-vous « de terme ». Franchement je me sens bien et à part une petite voix qui me dit « bon tu sais y a moyen que tu partes ce matin et qu’ils décident de te garder » je ne suis pas très anxieuse.
Le rendez vous de terme consiste à voir si bébé se porte toujours bien, s’il a tout ce qu’il faut pour patienter encore un peu et sortir quand IL l’aura souhaité, si je présente des éléments clinique de mise en travail ou si je suis dans un état favorable à être déclenchée.
Mon examen se passe très bien mais la sage femme insiste pour me trouver une place en salle de naissance pour me déclencher. Alors à jour de terme avec l’incertitude du calcul du terme même, sans la présence de risque médical pour mon bébé de continuer à être dans le bidou, je ne comprends vraiment pas la réaction de la sage femme. Je me sens vite comme une espèce de statistique, une case qu’on doit placer dans un emploi du temps. Entre temps, Ghiles est allé travaillé et je finis par insister pour partir et je quitte l’hôpital franchement déshumanisée. Même si je comprends totalement les logiques de plannings et la gestion difficile que doit être un service de maternité avec ses urgences et ses aléas je ne comprends vraiment pas qu’on force un processus naturel en l’absence d’un risque clinique. Bref. Demain est un autre jour …
Jeudi 23 mai, j’ai 28 ans !
On y est enfin !! Remise un peu de mes émotions de la veille je décide de ne pas me ménager. Je sors faire les boutiques et les courses, je m’attèle à la préparation de mon gâteau (avec lequel je vous ai saoulé en story !) je suis unstoppable ! En fait non je me stoppe régulièrement d’ailleurs parce que je suis épuisée et qu’a plus 16 ou 17 kilos (j’ai arrête de monter sur ma balance après un certain poids affiché) ça commence à clairement peser sur mon dos !
Le déclenchement d’hier je me donne plus qu’une idée en tête, essayer autant que faire se peut, de provoquer le travail naturellement. Après tout, les examens cliniques montrent que je suis en bonne voie donc aller je squatte en remplissant le lave vaisselle, je fais presque même mes vitres !
Mais en ce 23 mai bien particulier je prends surtout un moment pour être avec moi-même. J’avais un ami qui s’isolait toujours quelques heures le jour de son anniversaire pour réfléchir à sa vie, à ses envies, ses projets mais aussi vraiment à sa personne. Il faisait le point sur l’année passée et cette année pour la première fois je me suis autorisée une vraie introspection, un vrai moment de moi à moi.

Comme je vous le disais aussi, on n’avait rien de prévu de spécial pour marquer le coup si ce n’est le traditionnel dîner chez mes parents pour souffler mes bougies sur mon super naked cake maison ! Et quelle soirée! Mes parents, mon mari, mes tatas, mon frère (a défaut d’avoir les autres avec moi ce jour là) c’était parfait ! J’ai été gâtée comme jamais et on est rentrés se coucher vers 3h du matin heureux et impatiens du rendez -vous à terme +2 qui nous attendait 4h plus tard à l’hôpital.
Vendredi 24 mai – 24h qui ont tout changé
Il est 8h30, on arrive aux urgences pour notre rendez-vous de terme+2 les yeux encore collés de la demie nuit qu’on vient de faire mais blindés dans notre décision de refuser tout déclenchement si je ou le bébé ne présentons aucun risque clinique à patienter.
Monitoring et écho pendant une petite demie heure sur le même lit qui m’avait vu prendre le protocole d’arrêt des contractions à peine deux mois plus tôt. How life can surprise you…
Cette fois ci, on s’attend au discours qu’on nous sert, je suis un peu plus dilatée qu’il y a deux jours, je suis toujours favorable, ils veulent me déclencher. Sauf que cette fois ci ils ont devant eux un couple qui a passé les 24 dernières heures à se renseigner et qui campe sur ses positions. Si je montre des signes d’avancée de travail naturellement et que mon bébé n’est pas en danger, je ne déclenche rien.
Et alors là je suis vraiment en colère parce qu’on nous fait rester plus d’une heure et demi pour discuter avec le chef de service. En fait, il s’avère que le chef de service ne cherchait pas à discuter mais bien à nous convaincre de rester. La discussion a donné à peu près ça
« -franchement suite à votre examen clinique je trouve ça vraiment dommage que vous refusiez le déclenchement. On vous perce juste la poche des eaux et au vu de votre col le reste devrait aller vite. (ce qu’il ne dit pas c’est que percer la poche des eaux ça entraîne des contractions HYPER douloureuses et ça peut allonger le travail de façon significative. Rompre artificiellement la poche des eaux ça nous rend aussi avec bébé, beaucoup plus vulnérables à de possibles complications…)
– non merci, on va encore essayer pendant 48h de déclencher naturellement le travail mais en attendant on aimerait rentrer.
– on n’aime pas laisser des femmes enceintes dans votre état dans la nature à ce stade. Vraiment je ne comprends pas votre obstination. Il n’y a à ce stade aucun bénéfice à ce que votre bébé reste encore dans votre ventre et puis là si on vous déclenche, on est vendredi, vous serez quand même bien mieux lotis que si vous revenez ce week-end. Et puis vous contractez quand même relativement souvent, non vraiment je ne comprends pas votre décision et je ne la trouve pas raisonnable.
– merci mais 1) je ne suis pas dans la nature, on sera prudents et on restera dans le coin. 2) ça fait 2 mois que je contracte tous les jours à hauteur de 10/30 contractions par jours. Les derniers jours ne sont pas si différents à vrai dire. 3) on ose espérer que l’hôpital public nous recevra de la même manière un jour de semaine ou en week-end…
bon en vrai j’étais vraiment paniquée à l’intérieur si bien qu’on a quand même pris le temps de la réflexion avec Ghiles. Après tout ma mère a été déclenchée 2 fois sur 4 elle n’en dit pas que du mal… oui mais le vrai truc qui me faisait refuser c’est que je voulais laisser une chance à mon corps de faire ce pourquoi il avait été programmé. Je n’ai jamais fait confiance à mon corps, je n’ai jamais vraiment cru en lui jusqu’à ma grossesse, il m’a étonné de jour en jour en faisant grandir un être un humain, alors c’était à mon tour de lui faire confiance, de lui laisser du temp. Ça peut vous paraître à la limite du mystique mais c’était vraiment l’état d’esprit que j’avais ce vendredi matin. Et puis, cerise sur le gâteau, on avait à peine dormi 3h dans la nuit, je savais qu’il me serait impossible d’endurer un travail douloureux dans ses conditions, je ne tiendrai juste pas.
En retournant à la maison, on a fait la sieste de notre vie, on ne s’est réveillés que dans l’après midi tard, fait quelques courses, et nous sommes partis manger chez les parents de Ghiles.
Depuis mon levée de sieste, j’avais des contractions, un peu plus costauds que d’habitude mais plutôt espacées. Je sais que Ghiles me regardait du coin de l’œil en vérifiant que je ne lui cachais pas une vraie détresse pour ne pas aller aux urgences (j’ai horreur de l’hôpital…). Mon travail commençait à ce moment là mais je ne le savais pas vraiment. Comme je l’ai écris plus haut je vivais avec des contractions douloureuses depuis deux mois déjà et je mettais la gêne supplémentaire sur le coup de la sieste fracassante de l’après midi!
J’enchaînais ce soir là le dîner avec un after ftour chez une amie. Re contractions douloureuses mais au milieu des filles je ne calcule pas vraiment, je ris, je parle, je fais du café maure, j’écoute les histoires, le temps passe et 2h30 du matin arrive. Ghiles me récupère, on a tous les deux les paupières lourdes de sommeil et d’émotions aussi de cette journée, on a 24h pour déclencher le travail naturellement, dimanche 26 mai, au dernier rendez vous, l’équipe médicale le fera pour nous.
On arrive à la maison vers 3h, je prends le temps de faire mes soins, je passe du temps sur mon téléphone je chill à fond, demain BIG GRASSE MATINÉE.
Vers 3h30, je laisse Ghiles manger son Suhoor et je me prépare à dormir, toujours avec le même rituel depuis des mois : coussin de grossesse dans mon dos et entre mes jambes petit coussin pour caler mon bidou et mon coussin sous mon épaule gauche. Je suis rentrée comme dans un cocon et mes yeux se sont fermés instantanément avec ce petit picotement qui fait tant plaisir. Celui qui vous dit que vous allez passer une nuit bien lourde. Si seulement….
Sitôt la tête posée sur l’oreiller une douleur que je connais bien vient de réveiller : les douces crampes de règles que j’avais presque oublié en 9 mois.. dans ma tête un seul message : NOT TONIGHT c’est mort je vais supporter et dormir.
Une nouvelle crampe et une autre interviennent encore dans mon sommeil mais pas assez fort pour me faire sortir de ma torpeur. Je sens à un moment que Ghiles est venu s’allonger. On s’endort et ….. AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
Mon cri est sorti avant même que je ne puisse l’en empêcher. Ghiles s’est réveillé en panique. Nouveau cri suivi d’un très impératif « IL EST TEMPS D’Y ALLER ». Avec le recul, je pense que c’est à ce moment précis que mon cerveau s’est mis en mode veille et que mon corps lui est passé en mode pilote automatique et ce jusqu’à deux ou trois jours après mon accouchement.
Avant de le vivre, j’entendais partout que lorsque le travail commencerait, je ne pourrai pas me tromper sur la nature de mes contraction. Je saurai que je serai sur le point d’accoucher. Et je levais les yeux au ciel en pensant que je serai forcément l’exception qui ne reconnaîtrait pas les contractions de travail et qui finirait par accoucher dans sa douche.
Oui bah je ne suis pas si spéciale (!!!) croyez moi que je savais exactement que ce qui se passait n’était pas de l’ordre du normal. Jamais je n’ai ressenti une douleur aussi lancinante. J’ai cru que tous mes os se brisaient autour de mon ventre, combiné à (hachek) la pire indigestion de toute ma vie multipliée par 1000. Ghiles était désemparé. Je ne voulais pas quitter les toilettes, mes jambes tremblaient si fort qu’elles se dérobaient sous moi. Je peux vous dire qu’a ce moment là on se fou de TOUT mais alors TOUT !
Ghiles m’a tendu une robe que je n’ai même pas boutonnée pour sortir, je serai sortie pieds nus s’il ne m’avait pas chaussé lui même et je ne me souviens absolument pas comment j’ai réussi à descendre les escaliers et à monter dans la voiture. Je me rappelle une petite voix me disant de manger un truc parce que je n’aurai plus droit à rien une fois la péridurale posée mais à ce moment là je voulais juste arrêter de souffrir.
On est arrivés aux urgences en moins de 10 minutes (j’attends encore les amendes de feux rouges grillés je n’ai probablement plus de permis à l’heure ou je vous écris (!!!!)) à l’hôpital Trousseau dans le 12ème arrondissement.
Arrivée dans le hall, seule, j’arrive à dire entre deux contractions et en tenant ma robe déboutonnée à la dame à l’accueil qui n’était pas avachie sur sa table d’un air blasé »
bonjour, je pense que je suis en train d’accoucher
– bonjour, nom prénom et date de terme svp? C’est votre premier ? On va avoir un peu de temps alors, vous avez des contractions tous les combien ?
– en continuuuuuuAHHHHHHHHHHHH
Je ne sais pas ce qu’il s’est passé sur mon visage mais ça l’a tout de suite fait réagir parce qu’en 2min30 j’étais assise sur une chaise roulante et amenée en salle d’accouchement illico presto. Un examen plus tard on m’annonçait que j’avais déjà fait la moitié du travail à la maison visiblement et on nous félicitait « alors bravo, c’est pour aujourd’hui madame ». J’avais envie de lui répondre « avec ce que je suis en train d’endurer j’espère que c’est pour aujourd’hui !!!!!!! » S’en suivait la question « vous voulez la péridurale » MAIS LES GARS TOUT POUR ARRÊTER DE SOUFFRIR »
En vrai je ne sais pas combien de temps je suis restée sans. A partir du moment où j’étais allongée dans la salle de naissance j’ai complètement perdu la notion du temps. J’ai souffert jusqu’à ce que les anesthésistes me posent la péridurale et au départ j’avais encore toutes les douleurs dans l’aine du côté droit ce qui est presque pire. Quand on a une douleur cohérente et diffuse on sait ce qu’il se passe. Quand elle devient incohérente et localisée on perd complètement pied. Finalement ça devait relever d’un problème d’écoulement du produit car ça a finit par se résorber et j’ai fini par ne plus rien sentir.
La rupture de ma poche des eaux n’est intervenue que vers la fin de mon travail quand j’étais anesthésiée je n’ai donc absolument rien senti de particulier je ne pourrai donc pas vous dire ce à quoi on peut « s’attendre ».
Vers 9h30 la sage femme qui allait me faire accoucher est venue se présenter. En salle de naissance, nous étions donc 6 : la sage femme, l’infirmière, une auxiliaire de puériculture venue observer (on m’a demandé l’autorisation), Ghiles, moi et bien sûr baby Eyden !
Je ne sais pas ce que j’imaginais avant de le vivre mais j’ai trouvé l’ambiance assez intimiste finalement ! En plus l’équipe soignante était d’une gentillesse INFINIE. On a discuté de comment je voyais mon accouchement, de ce qu’il pouvait se passer, de quand on prendrait la décision d’intervenir pour aider le bébé à sortir, dans quelles conditions … je me suis vraiment sentie en phase avec la sage femme et vraiment confiante sur la suite. Encore une fois, elles étaient si gentilles que ça aidait vraiment.
Vous me connaissez je marche au feeling, là, j’étais vraiment hyper à l’aise et surtout, je leur faisais complètement confiance. A ce moment là, on pensait en avoir encore pour 3h avant de commencer la phase de pousse mais queneni, à peine une heure plus tard, alors que j’ai senti un certain inconfort, j’ai demandé à ce qu’on m’examine et bingo ! Bébé était engagé, prêt à voir le jour.
Encore une fois j’étais peu informée sur le déroulement propre de l’accouchement et c’était voulu, je ne voulais pas me créer des attentes, aucune parce que je gère mal les situations que je ne contrôle pas et surtout, je suis une bonne exécutante, j’aime suivre des instructions et moins j’en savais, mieux je pourrai gérer ce qu’on me dirait de faire. Du coup, cette ‘non préparation’ est quelque chose qui m’a bien convenu mais ce n’est pas le cas de toutes. Si vous êtes dans cette situation, écoutez-vous, vous saurez mieux que personne ce qui vous convient le mieux comme type de préparation à l’accouchement.
Revenons à baby Eyden. Le seul regret, qui n’en est pas vraiment un puisque je ne sais pas ce qu’il se serait passé si je n’avais pas été sous péridurale, c’est que j’étais tellement droguée (en même temps j’appuyais dès que je pouvais sur le bouton pour relancer une dose) que je sentais beaucoup moins mes contractions arriver et donc je poussais de façon beaucoup moins efficace. Il y a une espèce de mécanique naturelle qui se met en place avec les contractions, on sait qu’il faut pousser et on sait de façon assez innée comment faire mais une fois qu’on introduit un facteur qui diminue les sensations, on brouille le message envoyé au corps donc forcément on répond un peu moins « bien » ou de manière moins efficace. Ce n’est pas vraiment un regret mais plus une constatation tout en sachant très bien que je n’ai aucun moyen de savoir si l’issue de mon accouchement aurait été différente sans…
Voilà ce qu’était le deal : poussées pendant 30 à 40 minutes et si bébé ne sortait pas, on appelle le docteur pour lui montrer la sortie avec les fameuses cuillères.
J’ai poussé par intermittence pendant une heure environs. La sage femme me disait avec son petit accent de l’Est au moment de pousser « FACHEZ-VOUUUUUUUUUS !!!! » quand j’y repense je ris tellement ! L’auxiliaire de puériculture qui ne devait qu’observer était au bout de 20 minutes en train de m’encourager encore plus fort que l’infirmière qui s’occupait de me tenir hydratée à coup de Brumisateur.
J’avais une peur bleue des forceps et bien sur de l’épisiotomie qui accompagnerait leur utilisation. Vous savez comme je cicatrise mal, je voulais A TOUT PRIX éviter d’être recousue. J’ai poussé poussé poussé mais dans la vie on a pas toujours ce qu’on veut. Même après avoir appelé le médecin pour aider Eyden à sortir, celle-ci m’a laissé une dernière chance de pousser seule. Je pense que ma sage femme était tout aussi « déçue » que moi de devoir faire appel à elle. La suite a été très rapide, un coup de ciseau, un coup de cuillère (je n’ai absolument rien senti) et la sensation que mon ventre se vidait. On m’a ensuite posé mon fils sur ma poitrine tout en lui frottant le torse jusqu’à son premier cris.
Je vous l’avais dit et répété mais je n’ai jamais réussi à me faire à l’idée que ce que j’avais dans mon bidou était un être humain un vrai, une tête, un corps, des jambes, des bras… Quand on me l’a posé j’ai eu un vrai choc, je ne savais pas quoi faire, comment le prendre, comment le tenir, j’étais complètement choquée et perdue. Pas de vague d’amour maternel, d’arcs en ciels et d’étoiles, juste un choc assourdissant. J’ai pleuré pleuré pleuré, ce bébé que j’avais dans les bras était le même qui faisait la java dans mon bidou, qui donnait des coups en écoutant Soulking et qui avait le hoquet après que j’ai mangé une glace… Je vous assure j’ai vraiment mis un moment à m’en remettre.
On a eu une accalmie après le temps de me faire recoudre, le temps que bébéchou se fasse examiner et le temps d’avoir une chambre pour être transférée. Il était 16h quand je suis montée en chambre, ça faisait 24h qu’on avait pas dormi avec Ghiles et j’étais dans les nuages. Le reste de la journée n’a été qu’un brouillard plein d’amour dont je n’ai pas beaucoup de souvenirs mis à part le demi million de photos qui sont dans mon téléphone !

Suite de couche et séjour à la maternité.
Franchement je garde un souvenir mitigé de mon séjour à la maternité. D’un côté, le personnel soignant a été incroyable. Toute l’équipe, sage femme, auxilliaires de puériculture, pédiatres … tout le monde a été d’une bienveillance sans nom, gentils, professionnels, à l’écoute… Vraiment je me suis sentie en confiance, rassurée, extrêmement bien prise en charge et elles me donnaient toutes l’impression d’aimer mon petit bout au moins autant que moi. Elles m’ont aussi beaucoup BEAUCOUP accompagné dans mon allaitement et les débuts compliqués de celui-ci. A chaque petite victoire elles étaient tout aussi fière et contentes que moi et je vous assure, ça joue énormément sur le moral.
Pourquoi mitigé du coup? Parce que j’ai eu la mauvaise surprise de me voir attribuer une voisine en chambre alors que j’avais fait toutes les démarches pour être seule. Et puis il y a voisine et voisine… Je suis du genre à m’effacer complètement quand je partage un espace avec quelqu’un pour ne pas déranger mais visiblement ce n’est pas la façon de faire de tout le monde… Ma voisine pouvait facetimer sa famille à 23h sans problème… Elle pouvait recevoir des visiteurs qui, voyant que je dormais, ne baissaient pas d’une demie décibel. Ajoutez à ça qu’en chambre double, le papa ne peut pas dormir à l’hôpital et vous obtenez une Jihed à bout de nerfs, à bout de fatigue, qui, pour ne pas déranger n’a pas prononcé un mot à voix haute en plusieurs heures … Bref le jour où ils m’ont annoncé que ma sortie de l’hôpital était retardée d’au moins 24h, j’ai complètement perdu pied.
Je dormais à peine 1h la nuit entre chaque tété et encore… je ne pouvais même pas aller aux toilettes sans appeler une infirmière pour ne pas laisser bébchou pleurer et déranger la voisine. Je ne savais pas si je faisais bien les choses, je me sentais hyper seule… J’ai donc fait un gros caca nerveux dont j’ai le secret. Je ne restais qu’à condition que Ghiles puisse être avec moi et qu’on soit dans une chambre seuls. J’ai fini par obtenir gain de cause et ma dernière nuit à l’hôpital à été la transition parfaite avant notre retour à la maison. Bref, si vous en avez la possibilité, demandez à être seule en chambre, ça change vraiment mais alors VRAIMENT un séjour.

Vous avez dit baby blues ?
A J+14 de mon accouchement je pense avoir un peu plus de recul sur les quelques jours qui viennent de s’écouler et sur mon état. Physiquement, je me remets assez bien. Keep Reading pour tout savoir de mon poids le jour de l’accouchement et de l’évolution depuis ! En revanche, mentalement, je pense que je n’étais vraiment pas préparée à ce qui allait arriver. Vous avez TOUS et TOUTES entendu parler du baby blues sans trop savoir ce que c’est vraiment.
Vous le savez si vous me suivez sur Instagram notamment, je n’ai pas tellement souffert des hormones pendant la grossesse. Au contraire même, j’étais devenue calme, hyper douce et tolérante de tous les excès… Ghiles s’amusait même à dire que si je pouvais être enceinte toute la vie ce serait le bonheur absolu sur terre haha! Et mis à part quelques virées shopping mémorables, je n’ai pas eu d’envies particulière, ni été difficile à vivre ou capricieuse pendant ces 9 mois. Mais, toutes les bonnes choses ont une fin hahaha !!!!
Plus sérieusement, la chute d’hormones qui a suivit l’accouchement a été très violente. Je me suis tellement tenue pendant mon séjour à la maternité à essayer de penser à tout ce qu’impliquait mon nouveau rôle et cette nouvelle vie que je n’ai pas du tout pris le temps de me poser avec moi même 3 minutes à mon bureau pour digérer tout ce qui venait d’arriver. Conséquence ? Je débordais d’amour pour Eyden, pour Ghiles, pour tout ce nouvel aspect de ma vie mais j’étais en même temps épuisée mentalement, privée de sommeil, un peu sous alimentée et il suffisait d’un rien pour que je me mette à pleurer de façon complètement incontrôlée. Pendant quelques jours, j’ai vraiment cru que je ne m’en sortirai pas, que rien ne serait plus jamais sous contrôle. N’importe quelle tâche me paraissait insurmontable et je n’avais plus le goût de rien, je tombais de fatigue 10 fois dans la journée, et en même temps je me sentais l’obligation d’être super forte, je m’en voulais de craquer aussi facilement. Vous imaginez le bordel monstre dans mon cerveau…
Je vous ai parlé assez rapidement de cet état en story et j’ai été surprise de recevoir autant de messages me racontant la même chose, la même traversée du désert, les mêmes angoisses de ne pas être à la hauteur, les mêmes moments de solitudes passés à pleurer sans savoir pourquoi. Tous ces témoignages finissaient pareil : « je ne pourrai pas te dire comment en sortir mais sache que tu en sortiras, c’est une période qui a une fin ». Et rien que ça, ça m’a vachement aidé à relativiser et à déculpabiliser. Merci encore les filles, vous êtes géniales. Je ne sais pas si j’en suis complètement sortie mais je me lève avec le sourire, j’arrive à avoir une conversation avec Ghiles sans pleurer et j’ai même cuisiné quelques plats. Baby steps.
Et mon corps dans tout ça ?
Il faut savoir que j’ai arrêté de monter sur la balance le jour où j’ai atteint les 67 kilos un peu avant mon accouchement soit à + 17kilos d’avant le début de ma grossesse. Mon ventre a littéralement explosé les dernières semaines (et mes vergetures se sont multipliées), je ne rentrais plus dans rien et mes genoux commençaient vraiment à souffrir de ce poids pris rapidement. A vrai dire, j’ai pris la même chose en 7 mois qu’en 2, c’est vous dire ce que j’ai fait subir à mon corps les dernières semaines. La chose dont je suis contente malgré tout et que je vous conseille si vous me lisez enceinte, c’est de MARCHER jusqu’au bout. Arrivée sur la fin, la flemme prenait vraiment le dessus parfois et je me démotivais vachement à l’idée de sortir seule. Mais dès que j’avais quelqu’un avec moi, je SORTAIS et je marchais assez longtemps. Et je pense sincèrement que rester active m’a aidé physiquement mais surtout moralement dans la dernière ligne droite !
Ce à quoi je n’étais pas du préparée physiquement en revanche, c’est comment je me sentirais physiquement après l’accouchement. J’avais le corps en vrac et par corps j’entends surtout le dos. Je ne m’y attendais pas du tout mais j’ai souffert du dos pendant quelques jours de façon très très importante. D’abord, la péridurale n’a pas du aider, rappelons quand même que c’est une anesthésie majeure et que l’aiguille est insérée dans le dos. Mais plus que ça, j’ai eu l’impression pendant les trois premiers jours de perdre toute notion de balance de mon corps. Je me sentais toute raplapla, impossible de me tenir droite, impossible de respirer normalement et de tenir sur mes jambes plus de 3 minutes. Marcher m’étais très très compliqué. Et de façon très bête, à ce moment là, j’ai pensé très fort à Meghan Markle et à son apparition publique deux ou trois jours après avoir accouché, marchant gracieusement sur des talons aiguilles et je peux vous dire que j’aurai été bien incapable de faire ce qu’elle à fait même sous perfusion de doliprane.
Ma sage femme m’a dit que ces douleurs n’étaient que le résultat normal de la poussée pendant l’accouchement, de la perte rapide de poids, de la péridurale et aussi du fait d’être alitée à la maternité et m’a conseillée, sans porter aucune charge lourde ni courir un marathon, de me tenir un peu active tout de même pour ne pas empirer les douleurs et atrophier encore plus mes muscles. Souvenez-vous de cette pub : le remède du mal de dos, c’est le mouvement ! C’est pourquoi vous nous avez vu être actifs assez rapidement après l’accouchement tout en surveillant bien sûr que je ne me fatigue pas trop et que j’ai aussi un temps significatif allongé. Les filles, ECOUTEZ-VOUS. Personne d’autre ne saura ce qu’il y a de mieux pour vous.
A J+14, j’ai perdu environs 9 kilos. Je n’ai aucun objectif pondéral de perte pour être honnête. Je sais simplement que je ne souhaite pas particulièrement revenir à mon poids pré-grossesse (les kilos pris pendant 9 mois ne sont pas tous « en trop ») et que dès que j’en aurai le feu vert, je m’attèlerai à muscler ce qu’il restera de mon petit bidou plein de lignes !
Après tout ça, des conseils pour les mamatobe?
- Ecoutez les conseils et retours d’expériences d’une oreille seulement. Ce qui a valu pour votre cousine, votre meilleure copine et tout et tout ne sera pas votre expérience. Du coup, écoutez quand même mais d’une petite oreille seulement, faites-vous confiance. Même si c’est votre première fois, ne faites rien sans être à 100% à l’aise.
- POSEZ PLEINS DE QUESTIONS À L’HOPITAL. Il n’ya pas de questions bêtes ou de mauvaises questions, profitez d’être entourée de pleins de professionnels pour poser toutes les questions qui vous viennent à l’esprit !
- Prenez avec vous de quoi grignoter, salé et sucré ! Perso je n’ai pas trop de problèmes avec la nourriture de l’hôpital qui, bien que fade, fournit tout ce dont on a besoin mais franchement c’est pas « assez ».
- N’hésitez pas à gérer les allers et venues à la maternité. Vous avez le droit de dire même à votre entourage que vous voulez une après midi off ou au contraire que vous voulez de la compagnie !
- Et enfin NE GARDEZ RIEN, vous avez besoin de calme ? dites le. Besoin de dormir ? de ménage ? de nourriture ? DEMANDEZ. Franchement, dans un si grand bouleversement je pense sincèrement qu’on ne peut gérer tout seul. Enfin si, on peut mais si vous avez la possibilité de vous faire aider, ne faites pas les « trop fortes »
Et la suite pour benjiwears ?
Ça a été un vrai plaisir de vous écrire et de détailler les différentes étapes de ma grossesse sur le blog, sur Insta et de discuter avec vous de tout ce chamboulement. Rien ne sera plus jamais pareil c’est vrai et je suis bien incapable de savoir comment cela impactera le blog. MAIS, je ne pense vraiment pas vous transmettre quelconques astuces, conseils tellement je patauge et j’apprends pour l’instant. En revanche, je continuerai de vous raconter des histoires, always and forever I hope…
BRAVO A VOUS si vous êtes arrivés à la fin de ce mini roman écrit tantôt aux tétés de 5h du matin, tantôt aux toilettes quand je réussissais à me poser 5 minutes et fini en ce dimanche en priant littéralement à chaque seconde que bébou ne se lève pas de sa sieste ! A très vite pour de nouvelles aventures !